jeudi 9 avril 2020

Présentation Interactive : Nouvel Index World Handicap System

La mise en place du nouvel Index 2020 suscite de nombreuses interrogations sur son application pour chacun, nous vous proposons d'y répondre dans un webinaire organisé par la Team LPBB.

“Je ne veux pas aller à Rio, c’est grave docteur ?”

Le golf a-t-il vraiment besoin des Jeux Olympiques pour se développer ?

Après Adam Scott, Louis Oosthuizen ou encore Charl Schwartzel, c’est au tour de Rory McIlroy d’annoncer son forfait pour les prochains Jeux Olympiques de Rio 2016. Alors que le golf y (re)fait son entrée après plus d’un siècle d’absence, ces défections soulignent encore un peu plus la pertinence ou non d’avoir le golf au sein du plus grand évènement sportif de la planète.

À chacun son rêve !

logo-rio2016-jeuxolympiquesAvec un sport en perte de vitesse depuis quelques années à l’échelle mondiale, les instances officielles du golf, et en particulier la Fédération Internationale du Golf (IGF), misent sur ce come-back pour notamment s’ouvrir de nouveaux “marchés” tels que l’Amérique du Sud ou les booster comme en Asie. En effet, les pays “de golf” saturent, faute d’avoir trouvé des idées pour se renouveler vraiment et capter de nouveaux joueurs. Restons lucides, cette volonté de mettre le golf au programme des Jeux Olympiques n’était pas animée par le simple fait de participer à cette gigantesque fête du sport tous les 4 ans.

Quand on découvre que le Brésil et l’Argentine comptent à eux deux environ 450 parcours de golf, soit 200 de moins qu’en France, 6 fois moins qu’en Grande-Bretagne et plus de 30 fois moins qu’aux USA, on comprend aisément que le rêve des JO est aussi celui de l’industrie golfique dans son ensemble qui se frotterait les mains de séduire ces territoires et ceux qui y vivent.

Le golf aux JO représente donc une vitrine d’exposition pour toucher de nouveaux golfeurs, ailleurs. Une vitrine qui voit, petit à petit, ses plus beaux “modèles” disparaître avec des excuses plus ou moins convaincantes. Et ce n’est pas fini apparemment…

Parce que dans le fond, et qui peut leur reprocher, les golfeurs ne se sont jamais construits autour du rêve de médailles olympiques quand la majorité  des autres athlètes y voient le summum de la consécration d’une carrière.

Masters 2016_Augusta_National_Round1
(AP Photo/Charlie Riedel)

Lors du Masters 2016, Henrik Stenson avait déclaré : “Entre une médaille de bronze et une 3ème place aux Masters, je prends le podium aux JO“. Cela pourrait, à première vue, révéler un intérêt pour les Jeux mais le choix de la comparaison n’est pas tout à fait innocent. Il n’a pas dit non plus “Entre gagner le Masters et l’Or Olympique, je choisi l’Or”.

En tant que golfeur, je n’ai pas grandi avec cette culture olympique“. Sébastien Gros

Récemment, au Nordea Masters en Suède, j’ai posé la question suivante à quelques français que j’ai pu rencontrer : “Entre aller à Rio et jouer le 4ème tour en dernière partie à l’Open de France avec McIlroy, que choisis-tu ?” (je ne parle donc pas d’un tournoi du Grand Chelem)
Sébastien Gros, Thomas Linard et Clément Berardo ont choisi l’Open de France, en y précisant, avec humour, surtout s’il y avait la victoire au bout car comme disait Sébastien : “Si c’est pour jouer 84 et finir 57ème, non ! Évidemment aller jouer le tournoi olympique serait exceptionnel mais, honnêtement, parce que être sur place permettrait d’être le premier spectateur de toutes les autres disciplines. En tant que golfeur, je n’ai pas grandi avec cette culture olympique“.
Clément ajoutait : “C’est vrai les Jeux ont une histoire mais pour moi, cela ne me parle pas golf. L’athlétisme, la lutte, les sports que l’on ne voit pas souvent à la télé, oui mais le foot, le basket, ces disciplines qui sont très médiatisées avec beaucoup d’argent, je ne trouve pas que ça ait forcément sa place aux JO“.
Julien Quesne est le seul que j’ai pu interroger à choisir les JO “sans hésiter“.

L’important est de participer… ou de séduire ?

Irish Open 2016 - Rory McIlroy
(Photo by Ross Kinnaird/Getty Images)

Après l’annonce officielle du forfait de McIlroy, les réactions sur les réseaux sociaux ont été très diverses. Certains découvraient, pour le coup, que le golf était à Rio (!), d’autres remettaient en cause la vraie raison (dopage, swing du moment, ou encore insécurité du pays), la plupart comprenait et le restant condamnait Rory d’irrespect via-à-vis des athlètes des autres sports ou encore d’avoir condamné le golf aux Jeux après 2020 (car à “l’essai” pour 2 olympiades).

Irrespectueux ? On peut rappeler que Spieth, à 23 ans, a déjà gagné près de 37 millions $ en tournois quand certains athlètes essayent de trouver quelques milliers d’euros pour parfaire leur préparation et faire le voyage vers un rêve qui est juste celui de leur vie de sportif. L’irrespect est-il de ne pas se sentir concerné par le rêve des autres ou d’avoir mis au même niveau des sportifs qui ne vivent pas “sur la même planète”.

Certes on pourrait penser que le golf aux JO va mettre sous les projecteurs des joueurs de moindre envergure ou des pays à faible culture golfique. Oui, mais non. Le champ limité à 60 joueurs n’offrira en fait qu’une chance à 4 ou 5 “petites” nations comme les Philippines, la Malaisie, Taipei ou encore le Brésil. Ces joueurs bénéficieront-ils pour autant d’une certaine exposition médiatique par rapport aux pointures présentes du Top15 mondial, j’en doute, à moins d’y performer bien évidemment…

Mais franchement, la présence ou non des meilleurs joueurs du monde dans ce tournoi olympique n’a réellement d’importance que pour le fan de golf, et pas pour le (télé)spectateur lambda, potentiel golfeur, qui ne connait ni Rory, ni Adam, ni Jordan. Pour un français qui découvre le golf, ce qui compte et ce qui aura éventuellement un impact, c’est qu’un tricolore gagne une médaille. Peu importe pour lui qu’il s’appelle Dubuisson, Lévy, Bourdy ou Quesne, non ?

Si on me dit que quelques uns des meilleurs du monde ne sont pas présents aux compétitions d’escrime ou de canoë-kayak, cela ne m’empêchera nullement de regarder, d’apprécier les épreuves et d’être “supporter”. C’est pourquoi, de mon point de vue, l’image du golf ne sera pas gâchée par ces absences car un néophyte, par son ignorance des stars, ne peut en être déçu.

Le golf a besoin des JO pour grandir… Vraiment ?

En revanche, si le golf ne “prend” pas aux JO, ce serait un peu facile de jeter la pierre aux absents. D’abord, vis-à-vis de ceux qui iront à Rio car pourquoi seraient-ils de moins bons ambassadeurs que McIlroy et consorts ?
Ensuite, avouons-le, le golf a contre lui de ne pas être le plus télégénique des sports.
Si vous y ajoutez des règles pas toujours compréhensibles (n’est-ce pas Dustin ?), et, pour ce tournoi olympique, un format “ennuyant” à souhait pour tout ignorant du jeu. Un stroke play sans cut qui n’existe que rarement d’ailleurs dans les compétitions. Un cut aurait au moins eu le mérite d’amener un peu de suspens, susceptible “d’accrocher” le spectateur.

Il faudra donc compter sur les joueurs et espérer qu’ils en décousent pour le podium jusque dans les derniers trous du dernier jour car croire à une diffusion en continu de 5 à 6 heures de chaque tour, ou en tout cas du dernier, me semble assez peu réaliste.
En revanche, l’originalité aurait été de se distinguer en proposant un format par équipe nationale, un format mixte en match play qui aurait été une bien meilleure carte à jouer en tant que vitrine. Ou alors en y invitant non pas les professionnels mais plutôt les amateurs !

Ryder Cup 2002 - Souvenir Passion Golf

Non, un professionnel de golf n’est pas un athlète olympique comme les autres. Le golf, c’est son métier, celui de tous les jours de 20 ans jusqu’à 60 ans s’il le souhaite. Il s’entraîne et joue pour gagner des titres certes mais aussi pour gagner sa vie tout court. Il ne le fait pas pour décrocher une médaille olympique qui est légitimement l’aboutissement ultime pour des gymnastes, nageurs, coureurs, escrimeurs ou autres kayakistes parce que l’Or Olympique est leur veste verte ou leur Claret Jug.

Que le fan de golf, et de sports en général, soit déçu de ne pas voir ses joueurs préférés au rendez-vous des Jeux Olympiques, cela se comprend mais je pense que c’est une erreur si cette déception est motivée par le fait que cela va nuire au développement du golf.

À votre avis, quel évènement aurait le plus d’impact pour amener de nouveaux joueurs sur les greens…
La diffusion de quelques heures d’un tournoi olympique (tous les 4 ans) ou la diffusion à grande échelle, donc sur des chaînes publiques, de la Ryder Cup, au hasard Medinah ?

Personnellement, j’ai mon idée sur la question !

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Lionel
Installé à Stockholm depuis 2015, Lionel est spécialiste en Marketing digital. Il a le style vestimentaire de Henrik mais plutôt le swing de Marcel. Il s'éclate toutefois depuis 2012 avec La Petite Balle Blanche, car il n'y a vraiment que sur son blog qu'il arrive à jouer en régulation ! Spécialités : golf féminin, archives et records du golf, rédac´chef

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