lundi 28 septembre 2020

5 raisons pour lesquelles The Players devrait remplacer le PGA Championship

Ce tournoi qui devrait être un Majeur

Cette semaine a lieu la 44ème édition de The Players sur le fameux TPC Sawgrass de Ponte Vedra Beach en Floride. Jason Day y défendra son titre à partir de jeudi où Thomas Pieters (25e) et Brandt Snedeker (27e) seront les seuls absents du Top50 mondial. The Players Communément dénommé le “5ème majeur” masculin, le tournoi est indéniablement l’un des plus beaux de la saison au point de pouvoir se faire une place au panthéon des rendez-vous annuels du Grand Chelem. D’ailleurs, si les Majeurs masculins ne devaient continuer à se compter que sur les doigts d’une patte de lapin, il serait même temps qu’il supplante le PGA Championship. Et ce, pour quelques bonnes raisons!

Pour l’identité des Majeurs

Alors que le Masters, l’US Open et The Open ont construit chacun une véritable identité, le PGA Championship a lui perdu la sienne en 1958 quand il a été décidé d’abandonner la formule du Match Play (39 éditions entre 1916 et 1957) au profit du classique Stroke Play sur 4 tours.

TPC Sawgrass - Hole 17 - The Players Championship 2016
Par3 du 17 – TPC Sawgrass

The Players, à l’instar du Masters et de son Amen Corner, affiche sa marque de fabrique au travers de son seul trou 17 qui est la signature d’un parcours difficile et exigeant.

Pour les qualités requises d’un vainqueur

Bien évidemment les meilleurs ont gagné le dernier des 4 Majeurs, et certains grands n’ont même pu le décrocher (Arnold Palmer par exemple), mais sans vouloir faire injure au palmarès du PGA Championship, on y trouve quand même quelques vainqueurs qui y ont connu leur (quasi) seul moment de gloire tels Rich Beem, Shaun Micheel, Yang Yong-eun, Keegan Bradley, voire même, l’avenir nous le dira, Jimmy Walker en 2016.

Le 18 trous du TPC Sawgrass, chef-d’œuvre de Pete et Alice Dye, qui accueille désormais The Players depuis 1982 a été imaginé et conçu par ses architectes pour proposer un challenge de haute volée où, selon eux, il est nécessaire de maîtriser tous les coups de golf pour triompher. Certes, les vainqueurs sont d’envergure différente mais dans l’histoire du TPC Sawgrass, seul Craig Perks (2002) n’a par ailleurs ni jamais gagné un Majeur, ni même signé un seul Top10. Pour le reste, Nicklaus, Player, Woods, Mickelson, Garcia, Stenson, Scott ou Day pour ne citer qu’eux.

The Players Championship 2016 - Jason Day
Jason Day – The Players 2016

Pour la cohérence du calendrier

Le PGA Championship a contre lui également sa place dans le calendrier. Le dernier des Majeurs se joue au mois d’août, coincé entre une épreuve WGC (Bridgestone Invitational) et les playoffs de la FedEx Cup sur le PGA Tour. En plus, désormais tous les 4 ans avec le retour du golf au programme olympique, il risque de devoir être déplacé, perturbant au passage les tournois de différents circuits, ou de nuire à la participation des golfeurs aux JO pour cause “d’incompatibilité calendaire”.

Depuis 2007, The Players se joue le 2ème week-end de Mai. En étant Majeur, il nous offrirait un rendez-vous du Grand Chelem un mois après Augusta et un mois avant l’US Open. On aurait ainsi le droit aux 4 Majeurs en 4 mois avec The Open en conclusion, une certaine logique pour la plus ancienne compétition du monde. Et il n’aurait aucune incidence non plus sur les JO quand ils ont lieu.

Pour les moments mémorables

Si je vous demande de citer 5 moments mémorables du PGA Championship, il va certainement falloir vous casser la tête une fois que vous aurez cité (pour les moins jeunes) le duel Garcia-Woods en 1999, l’impressionnante domination de Rory McIlroy en 2012 (8 coups d’avance sur le 2ème) et le 1er Majeur de Jason Day en 2015 avec son score total record de -20.

A contrario, pratiquement chaque année, The Players nous offre un scénario incroyable. Rien que sur ces dernières années…
2016, Jason Day signe 63 et 66 les 2 premiers jours, à -15 total, un score qui ne bougera plus jusqu’au dimanche mais suffisant pour tout de même gagner avec 4 coups.
2015, le finish hallucinant de Rickie Fowler (-6 sur les 6 derniers trous) pour l’emporter ensuite en playoffs sur un birdie au 17.
2014, Martin Kaymer qui signe un double au 15 pour voir fondre son avance de 4 coups et l’emporter avec 1 petit coup sur Furyk.
2013, Sergio Garcia co-leader qui envoie par 2 fois sa balle dans l’eau au 17 et laisse le titre à Woods (le 78è titre sur le PGA de ses 79). Bref, que du bonheur tous les ans !

Pour un autre Majeur sur un seul et même parcours

Ce qui fait la beauté du Masters est aussi le fait qu’il soit toujours joué sur le même parcours de l’Augusta National, quand l’US Open et The Open sont joués dans des lieux différents chaque année. Même si le British effectue une rotation régulière parmi 9 à 10 parcours. D’ailleurs lorsque ce dernier revient notamment à St Andrews, il suscite toujours un engouement particulier.
Pourquoi? Parce que le (télé)spectateur connaît chaque trou et comprend de lui-même l’incidence d’avoir une balle à gauche ou à droite du fairway, parce qu’il peut apprécier la difficulté de la position des drapeaux lors du Moving Day.
Si on est toujours curieux de découvrir le parcours de l’Open américain et sa préparation spécifique, le PGA Championship n’offre lui rien de remarquable sur ce point.

Pour ce qui est de l’hôte de The Players Championship, le parcours du TPC Sawgrass est quasiment un 18 trous dans un stade, d’où son nom de “Stadium Course” (Un autre 18 trous existe à côté qui s’appelle le Valley Course). Un parcours qui lors de son ouverture s’etait attiré la foudre de nombreux joueurs professionnels comme Nicklaus car jugé beaucoup trop difficile. Depuis le Stadium Course a été “simplifié” et a subi de nombreuses modifications dont les plus récentes datent des mois qui ont suivi l’edition 2016.

Le Par4 du 12 est ainsi passé de 358 yards à 302 yards pour être “drive-able” par tous les joueurs. Un trou où l’on pourrait voir autant d’eagles que de double bogeys car toute erreur sera immédiatement sanctionnée, notamment par le plan d’eau qui longe désormais le green.

L’enchainement 11-12-13 (Par3-Par4-Par5) deviendra un challenge equivalent au 16-17-18. Il faudra jouer un aller solide tant les points seront difficiles sur le retour. Toutefois, pour bien faire les choses, la butte existante entre les fairways du 6 et du 7 a aussi été remplacée par une grande pièce d’eau. Le long Par4 du 7 (451 yards) était pourtant déjà, sans ce nouvel obstacle, régulièrement classé comme le trou le plus difficile de la semaine…

Que ce soit donc son parcours de classe premium, le champ de joueurs parmi le plus compétitif de l’année (aucun amateur n’y est invité) ou encore une dotation de 10.500.00$, soit 1/2 million de plus que le PGA Championship, The Players a tous les atouts pour devenir le 4eme Majeur d’un Grand Chelem qui serait ainsi plus proche de la perfection, selon moi.

Et, pour l’anecdote, si vous aviez besoin d’un dernier argument, sachez également que le TPC Sawgrass abrite ni plus ni mois que les bureaux du siège du PGA Tour! 😉

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Lionel
Installé à Stockholm depuis 2015, Lionel est spécialiste en Marketing digital. Il a le style vestimentaire de Henrik mais plutôt le swing de Marcel. Il s'éclate toutefois depuis 2012 avec La Petite Balle Blanche, car il n'y a vraiment que sur son blog qu'il arrive à jouer en régulation ! Spécialités : golf féminin, archives et records du golf, rédac´chef

2 Commentaires

  1. Article intéressant, le Payer est déjà surnommé le 5eme majeur, il pourrait le devenir un peu comme ce qui est arrivé à l’Evian chez les filles. Il y aurait une autre possibilité ce serait de choisir le TPC Sawgrass pour un US Open ou un PGA Championship.

    • Merci Alain de votre réflexion. S’il doit y avoir un 5eme Majeur, ma préférence irait plutôt à un tournoi hors USA pour avoir une représentation plus internationale des tournois du Grand Chelem. Bon dernier tour du Players! ?

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