Le titre de ce post, je l’avoue, est un peu pompeux. Il ne s’adresse évidemment pas à Tiger Woods. Il n’a que faire de mon avis de passionné, il n’a que faire de la Petite Balle Blanche et on peut difficilement le blâmer pour ça. Mais mon mea culpa est quand même sincère. Fin 2016, j’ai commis un article sur ce blog avec ce titre lapidaire : “Tiger Woods, l’impossible retour“. A la re-lecture, je dois bien reconnaître que j’y suis allé un peu fort.

Avec des phrases aussi sentencieuses que “il ne retrouvera plus jamais le niveau pour gagner un tournoi du Grand Chelem” ou encore “impossible d’imaginer un type au dos brisé et à la confiance entamée rivaliser avec Rory ou Dustin“, j’ai l’air malin aujourd’hui. Un an plus tard, il redémarre une nouvelle saison et en quatre tournois, Tiger a progressé de la 898e à la 389e place mondiale. Malgré un cut raté. Malgré un driving toujours erratique. Mais sa 12e place dimanche dernier au Honda Classic m’oblige à tirer cette conclusion : je me suis trompé.

Pour le grand Tiger Woods, ce résultat ne représente a priori pas grand-chose. L’Oncle Picsou du golf a accumulé tellement de titres (14 Grand Chelem, 79 victoires sur le PGA Tour) et d’argent (110 millions de dollars en carrière) que ce modeste “top 15” ne va pas le réjouir. Mais compte tenu d’où il vient, de ses récents problèmes physiques, techniques et psychologiques, c’est franchement un exploit. Le Honda Classic est un tournoi que Tiger n’a jamais gagné. Il se dispute à Palm Beach Gardens sur un parcours très exigeant, le PGA National Golf Club. Son célèbre finish, avec les redoutables trous n°15, 16 et 17 (passage surnommé le “Bear Trap” en hommage à Jack Nicklaus qui a redesigné le tracé), en a écœuré plus d’un.

Et pourtant Tiger a rivalisé avec les meilleurs pendant quatre jours, au point d’avoir un instant laissé croire au public américain surexcité qu’il pouvait jouer la gagne. On avait déjà entraperçu au Farmer Insurance Open ses progrès au petit jeu et surtout au putting, son éternel point fort. En Floride, il a su gommer son problèmes au drive en utilisant très souvent un fer au départ. Le florilège de ses meilleurs coups de la semaine ci-dessous ne comprend d’ailleurs qu’un seul shot avec la “babatte”.

Tout le monde se lève pour Tiger

Alors bien sûr, après l’avoir enterré trop tôt, pas question non plus de s’emballer trop vite. Avant que Woods puisse jouer la gagne à Augusta ou à Carnoustie, il y a un pas. Son jeu est encore fragile, il n’est pas encore de retour à son meilleur niveau, loin s’en faut. Mais quand même. Même si je ne suis pas un spécialiste, il est évident que son swing est moins brutal que ces dernières années. Son grand jeu est en progrès, ce sont les chiffres qui le disent.

Tel le Phénix, Tiger peut renaître de ses cendres. Cela ne me semble plus impossible. J’aurais parié mon polo de golf rouge (euh oui, j’en ai un mais je n’ose pas le mettre le dimanche…) que son énième come back serait tristement pathétique. Il ne l’est pas, et c’est tout le monde du golf qui s’en réjouit. Même les autres joueurs. Il n’y a qu’à lire ce remarquable entretien croisé entre Padraig Harrington et Rory McIlroy, réalisé par un journal irlandais, pour mieux comprendre à quel point Woods a été, est et restera encore Le sujet du golf mondial. Il n’y a qu’à suivre pendant ses tournois le fabuleux (parce que plein d’humour) compte Twitter “Tracker” de Golf Channel, dédié à chaque coup du Tigre, pour comprendre à quel point il est populaire. Et indispensable. Ce ne sont pas les audiences de la télé américaine qui diront le contraire.

Sans mauvais jeu de mots, ce joueur n’est décidément pas fait du même bois que les autres… Pardon d’avoir douté, Tiger !


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Tiger Woods, l’impossible retour

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