Raphael Jacquelin est de retour à un bon niveau de performance. Après une 3e place en Autriche au Shot Clock Masters, il a passé le cut en Allemagne la semaine dernière. Une bonne dynamique qui illustre son niveau de jeu actuel sur l’Albatros : après 2 birdies en 3 trous, puis 2 bogeys en 3 trous, un double malheureux au 13 et un superbe birdie au 17, il finit à +1 pour la journée, +2 total aux alentours de la 30e place provisoire de ce HNA Open de France 2018.

Bonjour Raphael, comment analyses-tu ton parcours ?

Je ne suis pas mécontent de faire +1 malgré un très bon jeu. J’ai été assez solide sur l’ensemble du parcours et plus particulièrement sur la fin du parcours avec ces 4 trous très difficiles. C’est dommage, presque pas bien payé. Je pense que j’avais les moyens de jouer sous le par aujourd’hui. Mais le +1, je le prends tout de même, cela peut aller très vite ici.

Avec un total de +2,  tu es plutôt bien placé ?

Oui, si je continue à jouer ainsi, il y a vraiment moyen de jouer sous le par. La stratégie est assez simple : prendre un maximum de fairways et essayer de revenir tranquillement vers la tête.

On te sent un peu mieux dans ton jeu de golf ?

Oui, c’est beaucoup plus solide depuis presque 2 mois. Les résultats ne sont pas encore là mais j’ai gagné pas mal de confiance en Autriche. Cela fait 2 bons résultats de suite, c’est que du positif.

Trouves-tu le parcours usant ? 

Usant, il l’est. Mais pas aujourd’hui. Je joue bien et le fait de taper plusieurs bons coups à la suite, ça fatigue moins.

Le birdie du 17 après celui du 3, il fait du bien au moral ? 

Franchement, à part la mise en jeu du 5, tout le reste était assez bon. C’est frustrant de ne pas rentrer les birdies ou de rater des pars. Par exemple, sur le 13, je tape 2 bons coups et je sors avec un double, pardon, un bon double. Le drapeau est terrible, le vent de travers dont on a du mal à estimer tant le sens que la force. Il y a plein de coups difficiles et finalement, +1, ce n’est pas si mal.

C’est un parcours qui te réussit quand même.

Oui, j’ai gagné les championnats de France Junior en 1993, j’ai fini 3e en 2012. Ce parcours me convient car il faut jouer ici un peu comme dans un Majeur. En général, quand c’est dur, que mon jeu est là, qu’il faut être solide dans la frappe, je me débrouille plutôt pas mal. Et comme depuis quelques temps, mon jeu est solide, qu’il faut beaucoup de stratégie et pas mal d’expérience pour jouer ce parcours, il est plus simple d’aligner pas mal de pars. Parfois, on va rater quelques birdies, mais ici, en faisant beaucoup de pars, en général, tu gagnes des points. Après faire un score très bas ici, c’est dur. J’étais parti pour avec ce bon démarrage mais ce n’est pas si facile.

Tu parles de scorer très bas. Sergio est en ce moment en train de jouer -7…

Cela ne m’étonne pas trop. Manier la balle sur les coups de fers délicats, c’est vraiment sa force. De surcroît, il est fort dans le vent. Donc, il peut faire un réelle différence d’autant que le vent a changé de direction. Le terrain peut vraiment lui convenir.

Tu mets une pièce sur lui pour la victoire ?

Clairement. Quand il trouve la vitesse des greens et celle des vents, généralement il ne finit pas très loin.

On a passé cette semaine à comparer les top players mondiaux au reste du champ. Toi qui est sur le circuit depuis des années, qu’est ce qui les sépare des autres ? Ils sont vraiment sur une autre galaxie ?  

Ils font tout un peu mieux que les autres. On voit Justin Thomas qui joue pour la 1re fois l’Albatros. Il ne connait pas le parcours, il s’adapte. Les meilleurs s’adaptent plus vite que les autres. La différence sur le papier n’est pas si énorme, mais au final, ça change beaucoup de choses. Tu ajoutes à cela beaucoup de régularité et le fait qu’ils participent à tous les tournois (contrairement aux joueurs des catégories inférieures). J’ai joué de nombreuses parties avec Sergio. c’est l’un des milleurs frappeurs de balles qu’on ait vu sur les tours. Avec Sergio c’est assez simple : dès qu’il commence à rentrer les putts, il gagne tout simplement. Il a tout ce qu’il faut : le petit jeu, la créativité.  

Alex Lévy était surpris par leur attitude, leur manque de stress.

Effectivement, on a l’impression que cela les touche moins que les autres. Ils ont l’habitude d’être là tout le temps. Ca facilite l’attitude. On essaie tous de garder une attitude positive sur tous les coups. C’est le plus dur à faire ici, sur les gros tournois et les parcours exigeants. Eux, ils font ça un peu mieux que les autres aussi comme dans tous les compartiments du jeu. Et au National, il n’y aucun trou – pardon – coups sur lesquels on peut se relâcher. Sur les 12, 13 et 14, même en sortant des bons coups, le bogey ou le double peut arriver très vite. Il faut s’avoir accepter. Et la preuve, c’est qu’après mon double sur le 13, je me suis mis en position de birdies sur les 5 derniers trous tout en continuant à taper des bons coups. S’agacer ce n’est pas le plus grave, ça peut aider à sortir la frustration. Il faut juste réussir à se concentrer sur le coup d’après.

Tes objectifs pour la fin de saison  ?

J’ai plein de gros tournois à jouer et c’est d’autant plus intéressant que je joue mieux. Si j’arrive à garder ce niveau de jeu, la carte sera faite assez facilement. Après carte ou pas carte, c’est pas très grave. J’ai déjà une catégorie pour l’année prochaine encore. Mais avoir une catégorie si on ne joue pas bien, ça ne sert à rien. Quand on a 20 ans, ça sert car on a tout l’avenir devant soit, mais pour ma part, l’objectif est de garder le niveau de jeu que j’ai depuis un mois. 

Comment expliques tu justement ce retour de ton niveau de jeu  ?

C’est difficile à expliquer. Je travaille toujours autant. Un peu différemment. J’essaie d’analyser ce qui marche moins bien, je reprends les bases et on bosse sur ces points. En tout cas, j’ai repris du plaisir, et cela fait énormément de bien.

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