Plus vieil Open féminin, professionnel et amateur compris, l’US Open est le second rendez-vous du Grand Chelem après le ANA Inspiration au mois d’Avril. La 74e édition, du 30 mai au 2 juin, se déroule sur la côte Est américaine à Charleston, en Caroline du Sud. La Thaïlandaise Ariya Jutanugarn y défendra son titre acquis l’an dernier à Shoal Creek après 4 trous de playoff face à la Coréenne Kim Hyo-joo. Cette année, deux Françaises seront au départ parmi le champ de 156 joueuses à la poursuite d’un chèque historique de 1.000.000$ réservé à la vainqueur.

Les chances européennes

Depuis Karrie Webb (2000 et 2001), aucune joueuse n’a réussi le doublé à l’US Open. Ce sont ainsi 17 vainqueurs différentes depuis 2002, plus longue série en cours des 5 majeurs féminins. Parmi elles, une seule européenne a inscrit son nom au palmarès grâce à l’inévitable Annika Sörenstam en 2006.

Une Suédoise, encore et toujours. Exception faite de l’Anglaise Georgia Hall au British Open l’an dernier, dans les 4 autres Majeurs, la dernière vainqueur européenne est à chaque fois une Suédoise (Lindberg, Nordqvist et Sörenstam). Mais il y a peu de chances que cela soit le cas cette semaine, d’autant que la joueuse scandinave la plus en forme du moment, Madeleine Sagström (2e le week-end dernier sur le LPGA), n’est pas qualifiée. Sa compatriote Anna Nordqvist, vainqueur à Evian en 2017 et battue en playoffs à l’US Open 2016 par Brittany Lang, n’a toujours pas signé un seul Top20 en 2019.

Pour l’Europe, le salut pourrait donc être plutôt espagnol ou anglais, voire français. D’abord, il y a Carlota Ciganda, toujours placée (T5 en 2017, 3e en 2018) mais jamais gagnante. L’Espagnole, avec 3 Tops 5 cette saison dont T4 au ANA Inspiration, deviendrait en cas de triomphe la première joueuse d’Espagne à remporter un Majeur. Il y a aussi sa compatriote Azahara Munoz qui vient d’enchainer 2 Tops 10 sur les 2 derniers tournois Outre-Atlantique, même si elle n’a pas enregistré un seul Top10 en Majeurs depuis 2014.

Côté britannique, ce sont les anglaises Bronte Law et Charley Hull qui offrent les meilleures chances. La 1re, et moins connue des deux, est en train de faire sensation pour sa 3e saison sur le circuit américain. Chez les amateurs, on se rappelle qu’elle avait déjà frappé un grand coup en remportant l’English Women’s Amateur Championship en 2015… avec 16 coups d’avance sur la seconde ! Cette année, le mois dernier, elle manque le cut au ANA Inspiration puis à nouveau, sur le tournoi suivant avant d’enchaîner par une 2e place ex-aequo au LPGA Mediheal Championship et surtout une victoire dans la foulée, le week-end dernier au Pure Silk Championship. Quand à Charley Hull qui a signé 3 Tops 10 en Majeurs en 2018, on attend qu’elle concrétise enfin en Grand Chelem les espoirs placés en elle depuis son passage chez les professionnels en 2013, à seulement 16 ans.

La France sera représentée à nouveau par Céline Boutier grâce à sa victoire en Australie cette saison et par Karine Icher qui s’est brillamment qualifiée via une épreuve de sélection en début de mois. Pour les plus novices, l’US Women’s Open est le Majeur féminin, avec le ANA Inspiration, qui compte une Française à son palmarès. Catherine Lacoste a remporté l’édition en 1968 alors qu’elle était amateur. Si Céline a proposé un beau début d’année, elle est un peu à la peine ces dernières semaines avec 3 cuts manqués sur 5 derniers tournois joués.

Le Match USA – Asie

Vraisemblablement, le titre de cet US Women’s Open 2019 se jouera surtout entre les joueuses du continent asiatique et les Américaines, comme cela a été le cas lors des 12 dernières éditions. Les Etats-Unis s’avancent cette semaine avec une armada impressionnante de 55 joueuses (dont 16 amateurs), soit plus d’une joueuse du champ sur 3. Les USA qui ont glané 4 titres depuis 2007 vont surtout miser sur les soeurs Korda, Nelly et Jessica, toutes deux à la recherche d’un premier succès en Majeur.

En face, côté asiatique, les incontournables Coréennes qui ne sont “que” 21 au départ mais, à part les 2 amateurs (et encore 😉 ), pourraient toutes être en tête du leaderboard dimanche soir. On citera seulement la n°1 mondiale Jin Young Ko, vainqueur du ANA Inspiration 2019, Sung-hyun Park, vainqueur de l’US Open 2017 et du PGA Championship 2018, ainsi que Eun-hee Ji, vainqueur de l’épreuve en 2009 et 3e en 2016, déjà récompensée de 5 Tops 10 cette année dont 1 victoire.

Mais les joueuses de Corée du Sud ne sont désormais plus les seules à porter haut les couleurs de l’Asie. Il y a bien sûr la Thaïlande représentée entre autres par Ariya vainqueur en 2018, ou encore le Japon de Nasa Hataoka, n°5 mondiale.

Pour les trouble-fêtes, la client la plus sérieuse s’appelle certainement Brooke Henderson, n°6 mondiale. La Canadienne, vainqueur du PGA Championship 2016, son seul Majeur, a gagné en avril le Lotte Championship son 13e titre professionnel alors qu’elle n’a que 21 ans. Sur la forme du moment, on ajoutera à cette longue liste Minjee Lee, 2e de la Race to CME, héritière australienne annoncée de Karrie Webb.

Dans la chaleur de Charleston

Le Charleston Country Club en Caroline du Sud accueille cette 74e édition de l’US Women’s Open. Un état américain qui n’a organisé l’épreuve qu’une seule fois, en 1962, dont le résultat reste dans les annales puisque l’Américaine Murle Lindstrom a gagné le tournoi avec le score record de 13 coups au-dessus du Par !

Cette victoire, à l’époque, lui a permis d’empocher la modique somme de 1.800$. On le sait, pour cause d’audience moindre que les hommes, le golf féminin brasse beaucoup moins de billets verts chaque semaine. La dotation totale pour l’ensemble des tournois de la saison 2019 sur le LPGA s’élève à hauteur de 70M$, soit 5 fois moins d’argent que le PGA Tour. Cependant, via un prize money de 5,5 M$, l’US Women’s Open 2019 offre un joli pas en avant aux joueuses en annonçant un chèque de 1M$ pour la gagnante dimanche, une vraie et belle première dans l’histoire du golf féminin. Pour info, le vainqueur de l’US Open à Pebble Beach le mois prochain recevra plus de 2,25M$.

Avec des températures annoncées autour des 35°C sur Charleston chaque jour jusque dimanche, une longue liste de prétendantes et un parcours, configuré en Par71 de 6732 yards et préparé à la sauce US Open, le 2e rendez-vous du Grand Chelem en 2019 s’annonce aussi indécis que bouillant.

Les horaires de diffusion sur Canal + Sport & Golf+ sont disponibles sur notre page TV.

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