Logo Ryder CupAutant commencer ce fil rouge Ryder Cup par le commencement, et même un tout petit peu plus tôt, en 1921.
Le 6 juin de cette année-là, le premier match opposant des joueurs américains à des joueurs britanniques a eu lieu à Gleneagles. Sous l’impulsion de James Harnett, directeur du magazine Golf Illustrated, et avec le soutien de Walter Hagen, vainqueur de l’US Open 1914 et 1919, une équipe américaine a traversé l’Atlantique pour participer à cette rencontre.
Au terme d’une journée sans réel engouement du public et de la presse, les locaux ont largement pris le dessus (9-3) sur des visiteurs pour le moins éprouvés par des conditions de voyage difficiles et de logement sur place sommaires.

Néanmoins, c’est aussi à ce moment que débutait la domination des américains en terres britanniques. Les joueurs de la bannière étoilée ont raflé leurs 12 premiers British Open entre 1921 et 1933 (à l’exception de 1923 et la victoire de l’anglais Arthur Havers). Chaque année, la Claret Jug devenait déjà en quelque sorte l’enjeu d’une confrontation entre joueurs des USA et de Grande Bretagne.

Et Samuel Ryder arriva…

Samuel Ryder
Samuel Ryder

Entrepreneur et homme d’affaires, Samuel Ryder, pendant son temps libre, était un joueur de cricket que des problèmes de santé vers 50 ans l’ont contraint à abandonner. Ryder, issu d’une famille du monde ouvrier du Nord de l’Angleterre, s’est alors tourné vers le golf et a mis à profit sa réussite professionnelle dans le développement de ce sport.
Il a notamment participé à hauteur de 500$ dans la création du trophée en or qui est devenu l’objet de toutes les convoitises.
L’histoire n’a pas retenu ces matches des 4 et 5 juin 1926 organisés par Samuel Ryder entre américains et britanniques. Notamment, parce qu’une grève a empêché de nombreux joueurs de traverser l’Atlantique pour participer à cette rencontre. Les USA ont dû même faire appel à des joueurs d’autres nationalités pour compléter leur équipe. Cependant, cette première confrontation estampillée « Ryder » a séduit.

L’année suivante, le 3 juin 1927, au Worcester Country Club (Massachusetts, USA), Walter Hagen, capitaine et joueur de l’équipe des 8 américains soulevait la 1ère Ryder Cup grâce une victoire 9.5 points à 2.5 après les 4 foursomes du 1er jour et les 8 simples du lendemain. Samuel Ryder n’était pas du voyage mais son rêve s’était concrétisé.

Ryder Cup 1929
Sam Ryder (à g.) remet le trophée à George Duncan – 1929

2 ans plus tard, au Moortown Golf Club (Leeds, Angleterre), Sam Ryder remettait « son » trophée à l’écossais George Duncan, capitaine de l’équipe britannique victorieuse 7 points à 5 devant une foule impressionnante de 15.000 spectateurs lors de la journée des simples.
Ryder n’a ensuite connu que les 3 éditions suivantes. Il est décédé en 1936, à l’âge de 77 ans, et est enterré avec son Fer5 préféré. La Ryder Cup 1937, 6ème du nom et la dernière avant le début de la seconde guerre mondiale, a permis aux USA d’obtenir un 4ème titre.

Domination américaine absolue !

Après guerre, les USA ont explosé littéralement l’équipe britannique 11 points à 1 lors de la Ryder Cup de 1947 à Portland (Oregon, USA). Les éditions suivantes, les golfeurs américains étaient aussi irrésistibles qu’imbattables, dominant systématiquement la compétition.
Entre 1947 et 1971, la Grande-Bretagne n’est parvenue à empocher qu’une seule victoire, à domicile en 1957 (7.5 à 4.5). Elle a subi 11 défaites et a accroché 1 match nul en 1969.

Entretemps, en 1961, les matches sont ramenés sur 18 trous au lieu de 36 jusqu’ici et le total des points est doublé (24 au lieu de 12) via 2 sessions de foursomes et 2 sessions de simples. En 1963, on a rajouté également 2 sessions de 4 balles qui portaient le total en jeu à 32 points et entraînaient une organisation sur 3 jours proche de celle jouée aujourd’hui.

Ryder Cup 1973 - Equipe GB & Irlande
Equipe GB & Irlande – 1973

1973 était la 20ème Ryder Cup de l’histoire et offrait une double nouveauté.
Les joueurs irlandais, bien que sélectionnables depuis 1947, sont intégrés officiellement dans une équipe dénommée désormais « Grande-Bretagne et Irlande ».
Pour la première fois, la compétition s’expatriait en dehors de l’Angleterre pour offrir une rencontre à Muirfield en Écosse.
Mais l’anglais Tony Jacklin et ses partenaires n’ont pu pour autant rivaliser avec les Palmer, Nicklaus, Snead, Trevino et consorts (13 points à 19) qui soulevaient pour la 17ème fois la Ryder Cup.

Ni 1975 (défaite 21-11), ni 1977 (défaite 12.5-7.5) n’ont inversé la tendance. La PGA Britannique avait même demandé à réduire le nombre de matches (5 foursomes, 5 « 4 balles » et 10 simples) pour espérer augmenter ses chances de victoire.

Ryder Cup : Go Europe!

Depuis plusieurs années déjà, les américains soufflaient aux anglais d’ouvrir leurs portes à d’autres nations pour constituer une équipe plus forte et ainsi relancer l’intérêt de la Ryder Cup.

Dans les mois qui ont précédé la confrontation sur le Greenbrier Course (Virginie Occidentale, USA) prévue mi-septembre 1979, la PGA britannique proposait aux USA de constituer une équipe élargie à tout joueur d’Europe. Dans le même temps, le format passait à celui que l’on connaît aujourd’hui avec 28 points en jeu (2×4 foursomes, 2×4 « 4balles », 12 simples).
Malgré la présence des espagnols Garrido et Ballesteros, les 2 seuls et premiers non britanniques ou irlandais à participer à l’épreuve, les américains remportaient un nouveau succès (17 points à 11). Toutefois, l’écart s’est réellement creusé lors de la dernière journée alors que le score était 8.5 à 7.5 en faveur des USA après les matches de double. L’Europe se mettait à espérer de pouvoir reprendre bientôt le trophée.

Ryder Cup 1979 - Team Europe
Équipe Europe – 1979

Mais 1981, à Walton Heath GC (Angleterre), a été une douche froide ! Les européens n’ont marqué que 9.5 points.
Si l’allemand Bernhard Langer, les espagnols Manuel Piñero et José Maria Cañizares faisaient partie des 12, Severiano Ballesteros vainqueur du British en 1979 et du Masters en 1980 n’a pas été retenu. Désormais membre du PGA Tour, ses gains sur le circuit européen n’étaient pas suffisants pour une sélection automatique (Tiens, ça ne vous rappelle rien ?) et, pour des raisons « politiques », le capitaine John Jacobs ne l’a pas sélectionné parmi ses choix personnels.

Avec le retour de Ballesteros en 1983, les européens passaient tout près de l’exploit à Palm Beach Gardens (Floride, USA) et ont perdu lors des simples avec au final un score total de 14.5 à 13.5.

C’est lors de la 26ème Ryder Cup qui se jouait du 13 au 15 septembre 1985 au Belfry (Angleterre) que les titres vont s’inverser. C’est le début de l’ère européenne. Une victoire nette 16.5 à 11.5 permettait à l’équipe du capitaine Tony Jacklin de soulever le trophée pour la première fois depuis 28 ans.
Nouvelle victoire en 1987 à Muirfield Village sur le parcours dessiné par Jack Nicklaus, alors capitaine de l’équipe des USA. Puis 1989 et le deuxième match nul de l’histoire qui, cette fois, permettait au européens de conserver leur titre.

Les États-Unis réussissaient à arracher les 2 éditions de 1991 et 1993 puis à nouveau en 1999 et 2008 mais l’Europe dans le même temps s’offrait 8 victoires dont les 3 dernières épreuves (2010, 2012 et 2014).

J’espère que le bénéfice de ce match sera de diffuser un message de cordialité, d’amitié et de paix à travers le monde civilisé. Je considère que le jeu, dont le Royal and Ancient est le gardien, est doté d’une force puissante qui tire le meilleur de l’humanité. Samuel Ryder

40 confrontations depuis 1927 entre 2 équipes ont magnifié un sport pourtant individuel où une formule en match play a donné tout son sens aux valeurs de respect et de convivialité attachées au golf.
Chacune de ces Ryder Cup a contribué à forger l’esprit souhaité par Samuel Ryder et susciter une passion de tout amateur et joueur de golf pour cette compétition unique.

À demain ! 😉

 

Source : La Ryder Cup – Nick Callow (Ed. Art et Images)

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