vendredi 25 juin 2021

La préparation mentale est-elle pour les jeunes ?

CFJ. Trois lettres qui rythment l’année de très nombreux jeunes joueurs et joueuses de golf. Le Championnat de France des Jeunes est pour eux et leurs entourages, parents et coachs, le point de mire de la saison. On s’entraine l’hiver, pour les qualifications à la fin du printemps et le Championnat au milieu de l’été. Qui dit compétition, dit performance, dit technique, physique, stratégie et mental. Ce sujet, la préparation mentale et les jeunes est très vaste. 

Autour de la préparation mentale

Avant de donner des repères pratiques des U10 aux U16, de l’entraînement à la compétition, je vais répondre brièvement à de nombreuses questions sur le sujet.

A quoi sert la préparation mentale ?

L’objectif principal de la préparation mentale est d’optimiser le potentiel d’un joueur ou d’une joueuse. Elle permet d’améliorer ses performances, de gagner en confiance, de maintenir sa motivation, et de garder du plaisir à jouer.

 

Quelles spécificités à accompagner des jeunes ?

Il y a deux spécificités principales de nature totalement différentes mais qui sont à prendre en compte par tout accompagnant.

La première, naturellement humaine, ce sont des enfants. Ce ne sont pas des adultes « en petit », ce sont des adultes en devenir et c’est comme cela qu’il faut les considérer. Ils sont en évolution, en développement : au niveau cognitif, de la psychomotricité, des apprentissages scolaires ou encore du développement social. Ici, on peut retrouver ces grandes étapes de ces développements de 3 à 16 ans. Ces étapes ne sont pas gravées mais donnent d’utiles points de repères aux parents et aux éducateurs, au sens large.

La deuxième spécificité est légale. Les enfants, les jeunes dont nous parlons ici, sont mineurs. Donc toute la communication doit se faire naturellement en lien avec eux. Si l’accompagnement, se met en place à la demande du coach, de l’entraineur, les parents doivent également adhérer à ce projet.

Comment se déroule un accompagnement ?

Tout accompagnement devrait s’accompagner d’un contrat avec le jeune et ses parents. Le cadre, le rythme, la durée doivent y être spécifiés, ainsi que la demande initiale et l’objectif qui en découle.

Le travail s’effectue aussi en lien avec le coach et va s’adapter à l’âge, au niveau, au calendrier d’entrainements et de compétitions, aux objectifs, à l’environnement du ou de la jeune.

L’idéal pour démarrer est de partir sur un cycle de 6-8 mois avec un bilan final avant d’éventuellement poursuivre, sachant que chaque partie peut interrompre cet accompagnement à tout moment.

A partir de quel âge peut-on commencer ?

Les premiers coachs mentaux des jeunes sont les enseignants des clubs, les pros, ce sont eux qui vont initier les enfants aux premières habiletés mentales nécessaires à ce jeu.

Les temps de cours à l’école de golf sont aussi des temps d’exercice autour de la respiration, de l’attention qui sont les toutes premières habiletés mentales à développer. La respiration, qui permettra d’aborder la gestion des émotions, et l’attention serviront dans d’autres domaines que le golf. Il n’y a pas d’âge pour apprendre à bien, à mieux respirer.

Pour faire appel à un spécialiste de la préparation mentale, il n’y a pas de règle non plus. Cela va dépendre principalement de l’engagement dans la filière compétitive, mais à partir de 11-12 ans, pour moi, des accompagnements peuvent démarrer. Pour approfondir sur cette question, vous pouvez lire l’interview croisée de trois spécialistes.

Quel est l’intérêt de commencer jeune ?

L’intérêt premier est de franchir des paliers plus rapidement. En gagnant en compétences (je veux plus de régularité, plus de confiance,..) ou en éliminant des parasites (frustrations, colère,…). Si un accompagnement mental se met en place, il doit se faire de manière globale pour moi et s’intéresser à l’aspect scolaire, éventuellement d’orientation, de préparer un parcours d’études supérieures.

Il peut s’agir d’accompagner le double projet, sportif et scolaire. Il n’y a pas de règles en matière de durée d’accompagnement. Plus il dure dans le temps, plus le jeune va acquérir de l’autonomie. Il pourra également être accompagné sur l’aspect identitaire qui est très important à l’adolescence et qui peut être déstabilisant dans son développement sportif.

Et les parents, dans tout cela ?

Je ne répondrai pas à la question car il y a autant de réponses possibles que de parents. Parents et coachs ont des rôles bien différents. Il me revient en mémoire une photo, en psychologie positive, où il était conseillé aux parents de prononcer les phrases suivantes à leurs enfants :
Avant la compétition : « Prends du plaisir, joue intensément, je t’aime. »
Après la compétition : « Est-ce que tu as pris du plaisir, je suis fier de toi, je t’aime. »

Concrètement, pour les jeunes, ça ressemble à quoi ?

Si certaines habiletés peuvent être intégrés à l’enseignement des tout jeunes U6, je me concentre ici sur les catégories U10 à U16. D’une part parce que tout le monde ne commence pas le golf à 5 ans ou moins, et ensuite parce qu’il s’agit de donner des repères dans une progression.

Il ne s’agit pas de donner une solution miracle, ni une solution unique. Et la progression va évoluer en fonction de l’âge d’initiation et de la maturité du jeune ou de la jeune. Je coupe le temps en trois : l’entrainement, la compétition, et le temps transversal. Il faut accompagner et développer des outils pour ces trois temps pour optimiser le travail d’entretien et d’exploration qui se fait en rendez-vous, en tête-à-tête.

Le temps de l’entrainement

Pour les U10

Gestion de l’attention  : distinguer les différents modes d’attention entre l’attention soutenue, sélective et partagée. Où on va distinguer la durée, la précision spatiale et la gestion des distractions.
Acquisition d’un modèle simple de routine.

Pour les U12

Gestion des émotions : les reconnaitre, connaitre leurs rôles, limiter leurs effets.
Utilisation de la respiration, visualisation, discours intérieur.

Pour les U14

Gestion des frustrations (endurance mentale, gestion des émotions).
Fixation d’objectifs.
Routine construite, autonomie dans l’entrainement.

Pour les U16

Progresser dans la connaissance de soi, de ses forces, qualités et de ses manques.
Développement de l’autonomie, dans l’utilisation des outils de reconnaissance, de préparation, de debriefing.
Développer des stratégies alternatives.

Le temps de la compétition

La reconnaissance du parcours, c’est le temps de préparation d’un carnet de parcours, qui est un carnet de notes. C’est l’outil de base essentiel à tout travail mental.

Le carnet c’est pour noter sa stratégie à chaque trou, les zones à jouer. C’est aussi noter des routines mentales pour respirer, pour gérer ses émotions, pour se relaxer, pour se relaxer, pour évaluer son niveau de fatigue, pour s’alimenter (boire/ manger). Tout ce que j’oublie quand je joue est dans le carnet.

C’est le temps de fixer les objectifs de process, de performances et de résultat. C’est à ce moment que se prépare le débriefing.
Puis vient le temps de la compétition.
Et ensuite le débriefing qui permet d’identifier, de comprendre, d’analyser ce qui s’est passé, et ensuite de poser des hypothèses pour corriger, améliorer, ou poursuivre le process.

Le temps transversal

Je l’appelle transversal, car il survole l’entrainement et également la compétition. Ce temps est un temps de prise de notes, de prise d’informations. Il s’agit de noter, noter et noter : ses scores, ses statistiques, ses performances, ses sensations, ses réactions. Il faut objectiver au maximum son process pour ne pas être sur du ressenti ou une opinion. Cela permet d’accéder à une meilleure connaissance de soi et donc de gagner en confiance.

Le sujet est vaste et complexe. Chaque question mériterait presque un article à part entière pour développer la relation avec les parents, pour apporter des éclairages sur les méthodes de travail, l’éthique et la déontologie, sur les spécificités des jeunes et les étapes de développement (pour comprendre la motivation et les abandons).

Atteindre ses propres objectifs, résister à la pression, répondre aux attentes croisés (parents, entraineurs…) gérer sa frustration, garder sa motivation, garder le plaisir de jouer, à aller à l’entrainement, entre 10 et 16 ans, ce n’est pas toujours simple.

Le rôle de l’accompagnant, coach, psychologue ou préparateur mental va être d’aider le jeune ou la jeune à progresser dans son jeu, en tant que joueur ou joueuse mais également à donner des outils d’autonomie pour se construire en tant qu’adulte et athlète.

Olivier Peronhttp://www.opcoaching.fr
Coach professionnel, Formateur. Accompagne les évolutions et transitions personnelles, sportives et professionnelles depuis 20 ans Une devise : les temps sont ce que nous en faisons. A appris à jouer au golf en 2010. 35 compétitions à son actif. Index à ce jour : 26,2. Top 100 du ranking communal (70ème).

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