À l’heure où le n°1 Français, Victor Dubuisson sort justement du Top100, il semblait intéressant de donner quelques précisions sur ce fameux classement mondial et en expliquer son fonctionnement.
L’idée est apparue fin des années 70 – début des années 80 avec l’émergence de joueurs internationaux tels Ballesteros, Norman ou Langer. Les autorités du golf ont alors décidé, avec l’aide d’un certain McCormack – le célèbre agent -, de mettre en place un système permettant d’évaluer la performance de chaque joueur en fonction de ses résultats, de la qualité du champ et du tour sur lequel il joue. L’organisation qui gère ce système s’appelle Official World Golf Ranking.
Le premier classement mondial a été publié juste avant la 50ème édition du Masters en 1986 et l’allemand Bernhard Langer en a été le tout premier n°1. Aujourd’hui, Jason Day est le leader actuel.

Le classement mondial, comment ça marche ?

Le classement mondial est mis en place sur la totalité (ou quasi) des tournois professionnels ayant lieu chaque semaine dans le monde: que cela soit le Japan Tour, l’Asian Tour, le Tour Européen, le Challenge Tour, l’Alps Tour, le PGA Latino American, le Web.com ou encore le PGA Tour, … Liste non exhaustive évidemment.

Le système est assez juste en soit. Ainsi les points gagnés par les participants à un tournoi sont déterminés par:

  • leur place finale dans le tournoi,
  • le Tour sur lequel il joue,
  • la profondeur du champ, appelé aussi Strength Of Field. Pas d’inquiétude, on y revient juste ci-dessous. 😉

Ces points sont ensuite ajoutés à l’historique du joueur, en conservant 2 ans glissants de performance (avec un maximum de 52 tournois joués sur cette période).
Le système est conçu pour que les performances récentes comptent évidemment plus que les performances anciennes.

Le Strength of Field (SoF):

Donc, chaque semaine, pour chaque tournoi, le SoF est calculé en fonction des joueurs participants. Il faut savoir que tant que les horaires de départ n’ont pas été publiés, un joueur peut se scratcher et donc ce tournoi ne sera pas comptabilisé dans son historique. Ce joueur ne sera donc pas non plus intégré dans le SoF.

Pour calculer la valeur du champ, il y a 2 paramètres:

    1. Le classement des 200 premiers mondiaux.
      Si le n°1 mondial participe à un tournoi, il apporte 45 points, le n°2 mondial apporte 37 points, …

      Classement Mondial Valeur associée
      1er 45
      2ème 37
      3ème 32
      81ème à 100ème 2
      101ème à 200ème 1
    2. Le classement en fin d’année précédente du Tour concerné.
      Prenons l’exemple d’un tournoi du Tour Européen en 2016, tout joueur ayant terminé dans le Top30 de la Race To Dubaï rapporte des points en fonction de son classement fin 2015.
Classement R2D 2015 Valeur associée
1er 8
2ème 7
6ème à 15ème 3
16ème à 30ème 1

 

Le SoF est alors égal à la somme de toutes ces valeurs. Vous suivez toujours ? 🙂
À noter qu’il y a une valeur minimum pour chaque Tour. Tout évènement ayant lieu sur le PGA ou l’European Tour garantit 24 points au vainqueur, 12 points au vainqueur d’un tournoi du Challenge Tour, et 100 points pour un Majeur par exemple.

La distribution des points

Ici, pas trop de questions à se poser. La répartition des points est définie selon une matrice SoF/Place dans le tournoi (consultable ici). Cette répartition est ajustée de manière ponctuelle.

Prenons un exemple avec un tournoi du Tour Européen qui aurait un SoF de 89:

  • Selon la matrice, le vainqueur obtiendrait alors 23 points… Seulement ! Donc comme évoqué, le Tour Européen garantira 24 points pour le 1er.
  • Si 2 joueurs sont ex-aequo à la 2ème place dans ce tournoi, chacun obtiendrait, selon le document, donc : (14.4 + 9.6) / 2 = 12 points.
  • On peut constater également via le document que passer le cut ne suffit pas à gagner des points mondiaux. Ainsi dans le cas d’un tournoi à 24 points pour le vainqueur, seuls les 27 premiers gagneront alors des points.

L’historique du joueur

Nous avons vu plus haut que les performances récentes sont légitimement favorisées à celles plus anciennes prises en compte dans cette période de 2 années glissantes.
Pour illustrer l’historique, nous allons nous intéresser à celui d’un joueur ayant beaucoup joué, l’américain Patrick Reed en l’occurrence:

OWGR - Classement Mondial

Vous pouvez voir en dernière colonne « Events Played » (son nombre de tournois joués sur 2 ans glissants) est de 64. Or, vous vous rappelez que le nombre maximum qui est pris en compte est 52. Donc, les 12 tournois les plus vieux de son historique sont supprimés de celui-ci.

Pour établir le classement mondial, on va utiliser le Average Points. Cette moyenne étant calculée par la division du nombre “Total Points” (7ème colonne) par le “Events Played”.

Pour calculer le “Total Points”, il faut donc consulter l’historique de ce joueur… Enfin, pour ce qui nous concerne, seulement une version raccourcie 😉

Tournoi Tour Mois Année CLt Points
Place
Coef. Ajust.
Points
CLt
après
Tour Champ. USA 39 2016 T24 3.19 1 3.19
BMW Champ. USA 37 2016 T13 6.92 1 6.92
Scottish Open EUR 28 2016 T10 5.98 0.9891 5.91 13è
WGC-Bridg. Inv. WGC 27 2016 52 1.56 0.9783 1.53 13è
RBC Heritage USA 16 2015 MC 0.2935 15è
Masters MAJ 15 2015 T22 5.50 0.2826 1.55 14è

La colonne “Coef.” (Weight) permet donc de donner plus de poids aux performances récentes. Les résultats des 13 dernières semaines ont un coefficient = 1. Celui-ci diminue ensuite de 0.0107 environ par semaine passée.

Les points attribués selon le classement dans le tournoi sont ajustés en fonction du coefficient. Tous ces “Ajust. Points” sont additionnés afin d’obtenir le “Total Points” qui sera ainsi divisé par le nombre de tournois.

Donc chaque lundi (ou dimanche soir parfois), on ajoute les performances de chaque tournoi à l’historique de chaque joueur, on modifie le coefficient de toutes les épreuves pour recalculer chaque moyenne afin de proposer le nouveau classement mondial. Le tour est joué ! 🙂

Les idées reçues

Le classement mondial n’est donc pas si compliqué que cela à comprendre mais, je vous l’accorde, les calculs peuvent être un peu plus ch*** à faire !

Si vous entendez des gens dire “comme le joueur n’a pas participé à ce tournoi lors des années précédentes, c’est bon pour son classement mondial”. Vous constatez que c’est faux puisqu’on ne tient pas compte des performances sur un tournoi en particulier mais sur l’ensemble des tournois des 2 ans glissants.

Des avis ? Besoin d’explication supplémentaire ? N’hésitez pas à commenter et je serai ravi de vous répondre 😉

4 commentaires

  1. L’exposé est intéressant et très pédagogique. Merci ! Il manque cependant un volet pour tout comprendre. Comment a bien pu être établie la matrice de distribution des points ? A la voir, comme ça, la logique de construction ne saute pas aux yeux (ni même le SoF, avec ses sauts quantiques de points ???). J’entends bien qu’elle a dû faire l’objet d’âpres négociations mais comment arriver à ça ! Il y a bien dû y avoir une base, un concept mathématique de départ.

    • Merci de ce compliment dans un 1er temps.

      ce que je sais, c’est que sur le tour US, habituellement, le vainqueur gagne 18% du prize money, le 2ème 10,8%, le 3ème 6,8%.

      Et si tu regardes bien la distribution des points mondiaux, cela suit la même logique (environ).

      Par contre, savoir pourquoi y’a de tels sauts dans la profondeur du champ et pourquoi le vainqueur gagne 18%, aucune idée.

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