Seul deuxième à l’Open d’Afrique du Sud derrière l’intouchable Louis Oosthuizen, Romain Langasque a parfaitement lancé sa saison 2019 et déjà gagné sa place dans le champ du futur British Open.

Cela faisait quelque temps que l’amateur de golf français n’avait pas passé de si bons dimanches. En deux semaines, on a presque autant vibré que sur l’ensemble du reste de la saison 2018… Mais sans vouloir faire injure à Matthieu Pavon, 2e ex aequo la semaine précédente à l’AfrAsia Bank Mauritius Open, la seconde place en solo de Romain Langasque à l’Open d’Afrique du Sud a une toute autre saveur. Et ce même si la réalisation de l’European Tour nous a peu montré le jeune Français. Dans les bourrasques de Johannesbourg, le Provençal de 23 ans a signé la meilleure carte du dernier tour, un superbe 66 qui lui a permis de gagner 18 places au leaderboard et de devancer, entre autres, des ténors comme Branden Grace, Charl Schwartzel et Matt Wallace.

Battu seulement par l’intouchable « local hero », Louis Oosthuizen, Romain Langasque a non seulement fait une très bonne opération au niveau comptable (121 000 Euros et 222 points selon le nouveau système), mais il a aussi conquis sa place pour le prochain British Open, qui se disputera sur la pointe de l’Irlande du Nord, sur le fabuleux links du Royal Portrush, du 18 au 21 juillet. C’est déjà un événement pour le golf français puisque Langasque, @Lancaisse comme certains le surnomment (c’est le nom officiel de son compte Twitter), est, avec Alexander Levy, l’un des 2 Français à ce jour assurés de participer à un tournoi du Grand Chelem en 2019.

La « perf » de Romain est d’autant plus remarquable et encourageante que le jeune homme a déjà vécu deux vies dans sa carrière « pro ». Il a d’abord été considéré, espéré par le « milieu » comme le grand espoir du golf national, le futur « messie ». Sa victoire au British amateur en 2015 a été confirmée l’année suivante par une superbe 39e place au Masters d’Augusta.

A l’époque, il avait partagé sa dernière partie avec la légende Bernhard Langer, qui avait été dithyrambique sur son talent. Sa première saison chez les « pros » avait été encourageante, avec entre autres un top 10 à Crans sur Sierre à l’occasion de l’Omega European Masters, et une deuxième place à la Coupe du monde par équipes aux côtés de son grand ami, un certain Victor D (si, si, vous allez trouver de qui il s’agit). Auparavant il y avait eu aussi un reportage à sa gloire signé Canal + et « Intérieur Sport », intitulé « L’envol« . Au lieu d’un décollage, 2017 fut finalement l’année du recul.

Des cuts manqués à la pelle, un swing qui s’effrite, une confiance entamée, Romain Langasque a plongé et perdu sa carte sur le Tour Européen. Ses difficultés furent telles qu’il a même galéré à passer des cuts sur le Challenge Tour. Mais la fin de l’année 2018 est celle de son renouveau. On avait vu des signes encourageants de son retour aux affaires au Vaudreuil, en juillet (15e). Puis en septembre, il a enchaîné une 5e place au Kazakhstan par sa première victoire professionnelle, à l’Open de Provence, presque à domicile.

Finalement 19e du classement final du Challenge Tour, il a dû passer par les cartes pour assurer sa place chez les grands en 2019. Le marathon de six jours à Tarragone, en Espagne, s’est achevé pour le natif de Grasse par une cinquième place libératrice.

Romain Langasque est jeune, mais il est donc bien placé pour savoir que cette brillante 2e place en Afsud ne lui ouvre pas de voix royale. Il a d’ores et déjà su se relever d’un premier trou noir, ce qui est déjà la preuve d’une grande force de caractère quand on connaît la difficulté et la cruauté du golf professionnel. Bien entouré, coaché par Mike Walker qui a notamment conseillé les légendes Lee Westwood et Thomas Bjørn, Langasque semble avoir toutes les qualités pour franchir d’autres belles étapes.

Très à l’aise face aux médias, actif et toujours poli et positif sur les réseaux sociaux, il a déjà su se faire adopter par de nombreux fans. Le joueur de Saint-Donat aime profondément le golf, à tel point qu’il n’avait pas hésité à se transformer en commissaire bénévole pendant la Ryder Cup pour suivre l’événement au plus près.


Il y a vraiment beaucoup de raisons de souhaiter du bien à Romain Langasque. Y a plus qu’à, comme on dit… Facile à dire, me direz-vous, derrière un ordinateur. Mais on peut exprimer au moins un voeu, puisque c’est la période : vivement d’autres dimanches avec ton nom en haut du leaderboard, Lancaisse, et peut-être que même la réalisation TV s’habituera à te montrer plus souvent…

2 commentaires

    • Merci, on essaiera, ce sera d’autant plus motivant s’ils claquent des résultats comme ça ! Pour les joueurs étrangers, il faut que l’événement en vaille la peine aussi. Tiger, Phil, Sergio ont déjà eu ce genre d’articles.

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