lundi 23 mai 2022

Quel joueur professionnel du Tour êtes-vous ? Partie 2

Comment jouer ? Dans cette histoire dont vous êtes le protagoniste principal, le héros, le Jack de Titanic, vous serez confronté à des choix. Lorsque vous les rencontrez, la solution {>} vous invite à poursuivre l’aventure, alors que le nombre inscrit {X} correspond à̀ votre alter ego du tour, et met un terme à votre odyssée.  

Partie 2 – ‘‘Play as it lies, they say’’

Tucson, Arizona, USA, Jour de Dernier Tour de l’Open local.


A mesure que votre échauffement se poursuit, et que la charge émotionnelle liée à l’évènement grimpe proportionnellement à votre température corporelle, vous effeuillez quelques strates de votre équipement. Votre sac n’est pas forcément rangé à la manière d’un plan d’urbanisme soviétique mais votre accoutrement, lui, est méthodiquement analysé, choisi, puis revêtu. Il y a d’ailleurs une part de superstition dans la manière dont vous concevez votre costume de jeu. De l’appariement des chaussettes aux tons de votre pantalon à l’absolue nécessité du rappel liant votre ceinture au col de votre polo. D’aucuns se sont laissés dire que vous aviez même enjoint à vos sponsors d’effectuer certaines entorses à leur propre charte graphique pour proposer des tenues sobres et élégantes, évitant par là de ressembler à un « 4 par 3 » comme Abraham Ancer. En ôtant votre doudoune sans manches, vous vous révélez…

En Rouge & Noir ©  {10}
Dans des tons oranges, un peu trop oranges
{11}
En noir, entièrement noir
{12}

 

En bleu marine, ou en Ciel et Blanc, ou dans un vert bouteille qui vous va parfaitement au teint. {>}

Une poignée de minutes vous sépare encore de votre première mise en jeu. Le ballet des spectateurs qui affluent vers le tertre de départ arrache vos yeux de votre carnet de parcours. Des yeux qui, dans un mouvement opiniâtre, viennent se poser sur le cadran de votre tocante. Votre chronographe vous fait part, silencieux, dogmatique, de la paire de centaines de seconde qu’il vous reste pour vous rendre à l’orée du parcours. Vous entamez un recensement succinct des outils qui agrémentent votre sac. Vos tees, vos serviettes, vos en-cas, vos boissons. Tout semble en ordre. Votre seconde peau de cuir de mouton est effectivement dans votre poche arrière, et vous activez, bien heureusement, le mode avion de votre téléphone cellulaire. Au gré d’une courbure légère au chevet de votre sac, il est temps de saisir la balle avec laquelle vous vous apprêtez à jouer votre ronde…

Elle porte un numéro qui est inversement proportionnel à la ronde que vous allez jouer (et cela mérite une légère explication). Vous jouez une balle « 4 » lors des premières rondes, une « 3 » le second tour, une « 2 » le troisième et donc, vous avez compris. {13}
Elle est jaune fluo, et c’est un fashion faux-pas inexcusable. {14}
Elle porte tout, sauf le numéro 3.
{15}

C’est une Pro V1, et vous ne savez pas trop pourquoi, puisque vous vous évertuez à perdre des balles à 5€ pièce. Mais vous avez été alerté, ce sont les meilleures balles. {>}

Moustache royale parfaitement taillée, cardigan azur impeccablement coupé, un septuagénaire aux allures de dandy précipite ses souliers derrière un pupitre en bois d’ébène d’où il s’applique, avec un savoir-faire tout nord-américain, à introduire les joueurs. S’avance alors, sous les vivats de la foule, le protégé de l’assistance. Enfant du Nouveau-Mexique, diplômé de l’Université d’Albuquerque, ce jeune homme aux traits poupon sera le premier à lancer les hostilités de la dernière partie. Il est onze heures et neuf minutes, et le drive du « Baby-face assassin » fend le fairway en son coeur. A peine les regards des spectateurs ont ils accompagné les derniers tours de roue de la balle du joueur américain que se présente, tout en ôtant le couvre-club de son driver, le favori du tournoi, un canadien répondant au nom de Conor, comme tous les autres canadiens. Dans un faux-semblant de Ryder Cup, le natif d’Ottawa harangue le parterre de fans, se met en posture et satellise sa balle dans le ciel dénudé du désert. C’est votre tour, et dans le système de son se fait alors entendre: “ Next on the tee, from Beauvais, …’’

Vous avez un surnom qui rappelle que, pour une sombre raison, vous avez un lien, réel ou présumé, avec un super-héros ou un personnage de fiction. {16}
Vous avez un surnom qui mentionne un métier hors du golf professionnel que vous avez exercé étant plus jeune. {17}
Vous avez un surnom parce que votre nom et votre prénom commencent tous deux par la même lettre. {18}

Votre surnom est « Brooksy », et le service de sécurité du PGA Tour vous extrait alors du Resort pour provocation à la haine. {X pour exclusion}

Vous n’en avez pas. Du moins pas encore. {>} 

Au fil de la semaine précédant le tournoi, que cela soit sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels, ou dans les conversations du microcosmique monde de la petite balle blanche, on a pu débattre de la préparation des sept mille trois-cent yards de pré mis à la disposition des joueurs. De la fermeté des verts qui feraient passer les tambours du Bronx pour de vulgaires trampolines de jardin en passant par les tagliatelles qui forment les roughs du parcours, il est inutile de dire que le super-intendant du parcours s’est probablement fait remarquer par les organisateurs des prochains US Opens. Après un aller qui aura finalement accouché d’une souris, le status quo étant de rigueur au sommet du leaderboard, vous vous retrouvez en fâcheuse posture après votre mise en jeu du 10. Sur ce dog-leg gauche qui interdit l’agressivité, votre fer 5 est venu trouver le rough de la partie droite du trou. De votre point de vue, il semble que la balle ait été aspirée par la sévérité des bandes non tondues. Vous connaissez bien naturellement la procédure applicable en cas de « balle enfoncée »…

Vous doutez de la validité de la procédure, mais vous droppez en invoquant la règle. De toute façon, vous êtes très apprécié et personne ne vous en voudra. {19}
Vous doutez de la validité de la procédure, mais vous droppez en invoquant la règle. De toute façon, votre intégrité est systématiquement mise en doute et vous vous attirerez les foudres de la communauté.
{20} 

Vous appelez un arbitre. {>} 

Alors que les premières signatures sont posées au club-house, que l’on met à jour l’immense tableau des meneurs, dans une chorégraphie ininterrompue d’ajout et de retrait de panonceaux rouges et bleus, et toujours dans la plus pure tradition des leaderboards manuels, les spectateurs commencent à se masser autour de votre partie, vous escortant sur chacun des derniers greens qu’il vous restent à fouler. Sur celui du 13, l’un des plus emblématiques du parcours, l’un des plus diaboliques aussi, votre balle, à l’instar de celles de vos co-compétiteurs, a trouvé le mauvais plateau. Dans des proportions similaires, chacun de vous, vous retrouvez avec un putt d’une vingtaine de mètres, en descente, qui aurait fortement tendance à tourbillonner à gauche sur son dernier tiers. C’est une bras de fer entre vous et « The Bean », faite de concentration et de peur, lui qui par quatre fois a déjà arraché quatre putts dans la journée. Vous vous préparez pour l’escarmouche.

Aucune raison de changer quoi que ce soit. Vous jouez avec les règles et faites participer un peu plus que de raison votre caddie à votre alignement. {21}
Vous êtes probablement le plus grand joueur de tous les temps, le plus beau joueur de tous les temps, mais… Mais vous puttez avec une tête de loup, l’ustensile pour déloger les toiles d’araignées des angles muraux. Et ça, c’est moche. {22}

Vous avez une routine, et vous essayez de vous y tenir. Vous le savez, si vous ne respectez pas cette obligation de moyen, c’est @olivierperon qui va pas être content. {>}

A suivre…

Julien
Julien
Béarnais reclu, installé dans un fond de vallée pyrénéenne, a longtemps simulé son swing avec un manche de balai brosse. Passe son temps à faire le policier dans son lycée et sur les fairways, traquant les chewing-gum collés sous les tables et les joueurs ne replaçant pas leurs divots.

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