Bryson DeChambeau est numéro cinq mondial. Il est un personnage à part parmi les meilleurs joueurs du monde. Le pour ? Sa personnalité atypique et son approche scientifique du jeu, qui ouvre des horizons différents autour de la technique et du matériel. Le contre ? Il est lent, très lent, trop lent…

Bryson James Aldrich DeChambeau est l’homme qui fait l’actu du golf aujourd’hui, et pas seulement parce qu’il vient de remporter l’Omega Dubaï Desert Classic. Ce jeune homme de 25 ans, bien sous tout rapport, beau gosse et Californien de son état, correspond en tout point aux canons de beauté du PGA Tour. A son sourire ultra brite s’ajoute un cursus universitaire impressionnant, et pas seulement sur le plan golfique. En 2015, il a rejoint les légende Jack Nicklaus, Phil Mickelson et Tiger Woods dans le cercle fermé des joueurs qui ont remporté l’US amateur et le championnat universitaire la même année (figure également dans ce Panthéon le moins connu Ryan Moore). Mais surtout, ou aussi, il est diplômé en physique à l’Université Southern Methodist, à Dallas. Abonné aux A pendant sa scolarité, il a hérité du surnom “The scientist” sur le circuit. Pas parce qu’il est fan de Coldplay.

“The scientist” joue avec des fers qui ont tous la même longueur, celle d’un fer 7. Ces ustensiles ont tous le même manche et ont seulement 4 degrés de différence entre eux. Son swing est à nul autre pareil : posture très verticale, bras tendus, sa gestuelle donne l’impression que l’ensemble de ses muscles sont crispés. A l’opposé du relâchement prôné par nombres de pros du métier… Et pourtant il est puissant, précis et régulier.

Pour vérifier la qualité de ses balles, il les trempe dans l’eau. Il a déjà tenté plusieurs expériences réprouvées plus tard par les règles du PGA Tour, comme putter façon croquet ou utiliser un compas pour mesurer les distances.

Bref, ce fondu de mathématiques détonne et surtout “ça fonctionne” comme dirait un coach commentateur français célèbre ! A l’image de Bubba Watson, DeChambeau prouve que l’académie d’un swing efficace n’est pas écrite dans le marbre. Oui, on peut être séduit par ce jeune homme brillant, inventif, au caractère de golfeur bien trempé.

Mais, parce qu’il y a un mais, je fais partie de ces fans de golf qui ne supportent pas de voir jouer Bryson DeChambeau. Non pas par jalousie de ses connaissances scientifiques, ou parce que son swing n’est pas assez esthétique à mon goût. Ni même parce qu’il se murmure qu’il aurait la grosse tête. Non, ce qui le rend insupportable à mes yeux (ce n’est qu’un humble avis que je partage ici sans agressivité), c’est qu’il est incroyablement lent quand il joue au golf. En toute impunité.

Récemment, la polémique a d’ailleurs enflé. Des vidéos de sa routine interminable avant un coup ont circulé sur le web. Calcul de distance, densité de l’air, force du vent, anticipation du roulement en fonction du lie, tout y est. Cela dure ci-dessous 1’20”. Et le pire c’est qu’il ne jouait pas un coup particulièrement compliqué ni décisif.

Ce n’est qu’un exemple. Sur les greens, le bon Bryson est encore plus lent. Il pose sa pièce devant sa balle avec une minutie d’horloger et étudie sa ligne comme si sa vie en dépendait. Qu’il conserve ou pas le drapeau à 50cm du trou n’est pas un problème. Ce qu’il l’est, c’est que si tous les Bryson DeChambeau du monde se mettent à jouer au golf, votre partie du dimanche ne durera par 4h – 4h30, mais plutôt 6h30 à 7h. En gros, elle ne se terminera jamais.

Je n’exagère pas. Faisons nous aussi de la science. Ou plutôt des maths niveau collège. Combien de coups jouez-vous par partie ? Soyons optimistes, si vous lisez ces lignes, vous êtes sûrement un amateur correct. Disons 90, soit +18 sur un par 72. Un score déjà bon pour un index moyen. Imaginons que vous disputiez un quatre balles ce dimanche avec trois amis. Trois copains qui veulent imiter Bryson DeChambeau, le n°5 mondial…

1’00 en moyenne par coup (on a baissé la moyenne car il y a quelques “tap in” qui se jouent a priori plus vite). Score de 90 x 4 joueurs = 360 minutes. On est déjà à 6 heures de jeu. Et on n’a pas compté le temps de marche d’un coup ou d’un trou à l’autre. Même en courant, ça fait a minima une partie en 7 heures de jeu. Je veux mourir…

“Jouer un coup en seulement 45 secondes, c’est déjà difficile”

Même son compatriote Brooks Koepka, n°2 mondial, a jugé sa routine ridiculement lente. “Embarrassante” a-t-il résumé. DeChambeau a répondu que 45 secondes pour jouer un coup lui semblait déjà un exploit. “Pour prendre toutes les informations, pour jouer un coup qui est notre gagne-pain, ça me paraît très difficile de pouvoir faire ça en 45 secondes. Si je veux offrir le meilleur coup, et donc le meilleur spectacle au public, je dois continuer à appliquer ma routine”.

En gros, messieurs les pourfendeurs du jeu lent, passez votre chemin. J’avais déjà “commis” un post sur ce fléau du golf moderne. Je continue à penser que les champions sont les principaux responsables de ce problème. Ils font semblant de ne pas comprendre que leur attitude et leur routine sont souvent copiées par les amateurs. Tant qu’il n’y aura pas un règlement plus clair et plus sévère, rien ne changera. Prenez l’exemple du tennis. Novak Djokovic et Rafael Nadal avaient des routines interminables avant de servir. Quelques avertissements des arbitres n’y avaient rien changé, si ce n’est à provoquer l’ire des joueurs et de leurs fans. Désormais, sur les grands courts des grands tournois, un chrono défile entre la fin et le début d’un point. Le public voit le chrono. les joueurs aussi. Tu dépasses le temps autorisé ? Tu es sanctionné. Bizarrement Djoko et Rafa ont servi beaucoup plus vite à l’Open d’Australie…

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