Quelques jours après sa 3e victoire de la saison, Pauline Roussin-Bouchard nous a gentiment accordé une interview. L’occasion de découvrir cette jeune joueuse amateure, n°2 européenne et 23e mondiale, qui s’apprête à partir à l’assaut des Etats-Unis….et du LPGA Tour.

Bonjour Pauline, peux-tu te présenter et nous décrire ton parcours qui t’a amené au golf ?

Je m’appelle Pauline, j’ai 19 ans, je suis née à Montélimar et j’ai toujours vécu dans le sud depuis. Mes parents, ma grand-mère, mon grand frère, tout le monde jouait au golf dans la famille et c’est naturellement que je m’y suis mise. J’ai également fait 9 ans de judo, sport que j’ai arrêté de peur de me blesser et d’être privée de golf, j’ai aussi fait beaucoup de ski. Mon 1er entraîneur a été Martin Bidegain puis depuis 2013 je m‘entraîne avec Alain Alberti. Ma maman est toujours à mes côtés pour faire le Live Scoring et mon père…que dire ? Il travaille tellement dur pour m’aider à réaliser mes rêves, il est mon 1er sponsor !!

A quel moment cette passion familiale du golf est devenue un objectif de carrière ?

Habitant pas loin d’Evian, participer à ce tournoi et le gagner un jour est mon rêve. Je garde donc un très grand souvenir de la Haribo Kids Cup que j’ai disputée pour la première fois dans les années 2009/2010. J’ai ensuite poursuivi mes efforts jusqu’à ma première victoire importante lors de la Coupe de France Dames 2015 à Pau.

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Pauline Roussin-Bouchard lors du Annika Invitational USA 2019 en Floride
(Crédit : FFGolf)

Depuis cette victoire, les choses se sont accélérées, notamment avec ces trois victoires cette année aux Internationaux du Portugal, au Grand Prix de la Ligue PACA puis aux Internationaux d’Italie, quel a été le déclic ?

Oui en plus de mes victoires, il y a également celle de Candice Mahé (Dinard) aux Internationaux d’Espagne. Depuis le début de l’année, nous les Françaises, avons remporté toutes les qualifications et tous les tournois ça me fait très plaisir.
A titre personnel, j’avais bien démarré la saison en terminant 7e du Annika Invitational USA en Floride, un tournoi pendant lequel j’étais grippée. Puis il y a ces trois victoires et ma 9e place à aux Internationaux d’Espagne où j’avais remporté les qualifs’. La semaine dernière (22-25 mars 2019 – ndlr), j’étais également tout proche de la gagne à l’ANA Inspiration Junior où je fais 4e à 2 coups de la gagnante Xin Kou (qui vient donc de disputer l’ANA Inspiration le week-end dernier avec les pros). Sur ce tournoi, je casse mon driver sur le 1er trou de mon 2e tour c’est dommage mais bon c’est derrière moi. C’est une expérience qui me servira à l’avenir.
Le déclic ? Disons que ma victoire au Portugal a beaucoup compté car elle valide tout le travail mental que je mets en place avec Patricia Meunier-Lebouc et Amélie Cazé. Avant, je ne travaillais pas le mental, du moins j’ai attendu que mon jeu soit en place pour le faire.

Tu sembles déjà avoir une bonne équipe qui t’aide à performer ?

Oui oui tout à fait, la fédération nous encadre très bien. Alain Alberti reste mon head coach, pour la partie mentale et stratégie je m’appuie beaucoup sur l’expérience de Patricia Meunier-Lebouc. Pour le putting je travaille avec David Ames (spécialiste anglais du putting qui encadre les jeunes Tricolores depuis l’an dernier – ndlr). J’échange beaucoup avec Alain en lui envoyant des vidéos, Alain lui-même échange régulièrement avec Patricia. Ils sont sur la même longueur d’ondes me concernant. J’échange par vidéo également avec David Ames. Pour le côté physique, je fais du travail en salle spécifique golf deux fois par semaine avec mon préparateur Frédéric Lambertin, je fais également de la boxe deux fois par semaine ainsi que du Grit une fois par semaine, c’est du cardio à haute intensité.

Avec ça tu es prête à partir à l’assaut du LPGA Tour !?

Oui c’est l’objectif. A la rentrée prochaine je vais intégrer l’Université de South Carolina. J’ai visité ce campus ainsi que celui d’Oklahoma State University. Disons qu’à OSU l’environnement était un peu plus rustique, le climat plus rude également, c’est un peu au milieu de nulle part. Mais honnêtement, j’ai tellement été impressionnée par les installations de South Carolina. C’est du 500 mètres par 500 mètres toit rétractable pour que l’on s’entraîne par tous les temps. Je suis censée faire 4 ans là-bas, après si je me sens prête à passer pro, ça pourrait être avant.

Et comment cela va se passer concrètement là-bas vis-à-vis de ton coach notamment ?

Je reste avec Alain Alberti avec qui je communiquerai par vidéo. J’ai tout de même choisi cette université car l’assistant capitaine gardera un œil technique sur moi ce qui n’est pas le cas dans toutes les universités où la Head Coach et son assistant ne sont là que pour faire du management et choisir les meilleures. Et puis Mathilde Claisse (RCF La Boulie) intègre South Carolina en même temps que moi, pour l’intégration et l’adaptation à cette nouvelle vie ça m’aidera forcément.

Justement as-tu des contacts avec les autres françaises qui sont en Université US ?

Oui j’ai déjà eu l’occasion de jouer avec Justine Dreher, une ancienne de South Carolina. J’échange aussi avec Marion Veysseyre qui est en 4e année là-bas aussi et bien sûr avec Agathe Laisné (Texas University, 2e année) qui s’apprête à disputer le Woman’s Amateur à Augusta (Agathe Laisné a terminé 29e – ndlr).



 

…Céline Boutier ?

Non malheureusement je ne la connais pas. Nous ne sommes pas de la même génération (Céline a 6 ans de plus – ndlr). Son début de saison est incroyable ça fait envie forcément mais je mets tout en œuvre pour y arriver.

As-tu des modèles d’ailleurs, que ce soit chez les hommes ou les femmes ?

J’aime beaucoup le jeu des sœurs Korda. Une joueuse comme Minjee Lee est impressionnante également. Je regarde également beaucoup ce que font les hommes au petit jeu. Lors de la Ryder Cup à Hazeltine en 2016, j’avais eu l’occasion d’approcher Justine Rose, Henrik Stenson ou Jordan Spieth. Dans ce compartiment, il y a beaucoup à apprendre des hommes selon moi.

 

Entretien réalisé le 3 avril 2019 par Hervé Marquès
Hervé MarquèsPrétendant éconduit de Natalie Gulbis, Hervé déverse son blues au micro de Golf Channel pour commenter le LPGA Tour et suivre l’actualité du PGA Tour. Installé près du Golf National, golfeur et triathlète à ses heures, Hervé passe le peu de temps libre qui lui reste à essayer de hacker le site de la fédé pour faire descendre son index pour pouvoir jouer sur l’Albatros…en vain.

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