lundi 23 novembre 2020

L’épatant, l’agaçant Mr DeChambeau

En écrasant l’US Open, Bryson DeChambeau a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à 27 ans. Un succès qui suscite beaucoup de réactions antagonistes, tant l’homme est atypique.

Six coups d’avance. Un seule carte sous le par dans le quatrième tour, la sienne (67, -3). Un drive plein fairway au trou n°16 mesuré à… 333 mètres. Bryson DeChambeau a marché sur l’US Open et le redoutable parcours de Winged Foot ce dimanche. Broyé, laminé la concurrence.

Alors qu’on attendait davantage Dustin Johnson, le n°1 mondial, ou Jon Rahm ou Justin Thomas, ou des joueurs réputés “steady” comme Xander Schauffele ou Webb Simpson, c’est le gros frappeur bodybuildé qui s’est imposé sur le parcours le plus difficile de l’histoire de l’US Open. Dans son style. En force, en puissance, en confiance affichée, en lenteur aussi…

Peu de fairways mais beaucoup de greens

Bryson DeChambeau a donc remporté son premier titre du Grand Chelem quelques mois seulement après son impressionnante transformation physique (une douzaine de kilos de muscles pris grâce entre autres à un régime protéiné). Avec la manière. Le Californien avait annoncé qu’il adopterait une stratégie ultra agressive malgré les hauts roughs du parcours, il s’y est tenu. Il n’a commis aucun double bogey de la semaine, seulement 11 bogeys, a terminé troisième au stroke gained du grand jeu, deuxième à celui du petit jeu…

Sa puissance s’est avéré un atout capital sur le monstre Winged Foot, même s’il ne faut pas négliger la qualité de son petit jeu. Malgré seulement 41% de fairways touchés, il est monté à 64% de greens en régulation (cinquième place de la stat). Son wedging pour s’extraire de l’herbe épaisse a fait merveille.

Vient maintenant le temps des interrogations : faut-il se réjouir de voir Bryson DeChambeau gagner un tournoi du Grand Chelem de cette manière ? La toute puissance est-elle l’avenir du golf ? Ne risque-t-on pas de voir débouler dans quelques années une armée de frères d’armes de Bryson, tout biscotos dehors, driver tous les par 4 du monde entier ?

Le joueur divise, l’homme aussi

L’avènement de l’homme à la casquette Ben Hogan divise. Sur ce blog, on avait déjà évoqué le pour et le contre du bonhomme. On n’aime pas sa lenteur dans le jeu, c’est un fait. On est circonspect face à certaines de ses tentatives techniques (le compas pour mesurer les pentes, le putting en croquet, ensuite interdits). Mais on peut constater que la réussite sportive est au bout de sa démarche.

Pour Gurwann, le contributeur n°1 du blog, “DeChambeau a trouvé une technique lui permettant de gagner. Bravo à lui… Je ne sais que penser des mecs qui le flingue… Il a pris du poids certes, mais sa façon à lui de voir le golf est différente. Ne pas savoir l’accepter est juste la traduction d’un manque d’ouverture d’esprit.”

Pour le boss Lionel, “la fin justifie les moyens, son style robotisé est affreux mais super efficace. Je crois surtout qu’il a un énorme mental au-delà de son physique remodelé. Ne serait-ce que pour avoir voulu et obtenu cette transformation. Après le joueur est évidemment trop lent. Ce que je n’apprécie pas, c’est cette perpétuelle remise en cause des éléments extérieurs qu’il semble avoir lors des coups ratés. Dans tous les cas, il va en gagner beaucoup d’autres !

Pour l’auteur de ces lignes enfin, DeChambeau n’est pas une bonne nouvelle pour l’avenir du golf. D’abord parce qu’il montre le mauvais exemple en prenant en moyenne 1’30” à jouer chaque coup. Ensuite parce que en tant que vieil amoureux du golf, j’ai le sentiment que son jeu robotisé va faire des émules. On pourrait bientôt dire adieu aux joueurs inventifs et créatifs…

Mais ce ne sont que des avis personnels. Et vous, quel est le vôtre ?

Guillaume
Guillaume
Guillaume est "tombé" dans le golf il y a déjà plus de 20 ans, en découvrant ce sport sur un pitch and putt en Anjou. Son premier souvenir de télévision lié au golf est la Ryder Cup 1995 à Rochester, avec une victoire de l'Europe, déjà... Depuis, il est un téléspectateur assidu des tournois pros. Son putting hésitant ne lui a pas permis de faire décoller (ou plutôt descendre) son index, mais cela ne l'empêche pas d'aimer parler de "la petite balle blanche"... Spécialités: PGA Tour, Ryder Cup & découverte de parcours

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