Quel a été le meilleur des majeurs en 2021 ?

Calendrier de l’avent version #LPBB : un article par jour écrit par un membre de la Team pour revenir sur un des moments forts, drôles, surprenants de cette année 2021.

A défaut de calendrier revenu totalement à la normale en 2021, les 4 majeurs de la saison masculine ont toutefois retrouvé leur place et leur ordre habituels. The Masters, le PGA Championship, l’US Open et The Open ont été remportés respectivement par Hideki Matsuyama, Phil Mickelson, Jon Rahm et Collin Morikawa. Des champions aussi grands l’un que l’autre mais pour autant des semaines d’une intensité différente qui n’ont pas généré le même enthousiasme depuis notre canapé.

Cette année 2021 nous a offert quatre vainqueurs issus de trois continents différents, ce qu’on n’avait pas vu depuis 2013 avec Adam Scott pour l’Océanie (The Masters), Justin Rose pour l’Europe (US Open) et, pour l’Amérique, Phil Mickelson (The Open) et Jason Dufner (PGA Championship).

Concernant les vainqueurs, Matsuyama et Rahm ont ouvert leur compteur en Grand Chelem, Morikawa a signé un second succès en Majeur après le PGA Championship 2020 et Mickelson s’est adjugé un 6e majeur et le second PGA Championship de sa carrière.

De manière aussi subjective que personnelle, voici le classement des majeurs de 2021.

1. PGA Championship

On aurait tant aimé que la victoire de Phil Mickelson ait lieu le mois suivant à l’US Open pour que l’Américain réalise enfin le grand chelem de carrière qu’il mérite. Mais pas question de faire la fine bouche sur cette incroyable victoire de Lefty à Kiawah Island.

Cela fait un moment que je n’avais pas gagné mais j’ai toujours cru que je pouvais être à mon meilleur et rivaliser encore lors des majeurs, mais jusqu’à cette semaine, je ne ‘avais pas prouvé ni à moi-même, ni aux autres.Phil Mickelson

A quelques semaines de ses 51 ans, on imaginait plutôt Mickelson continuer d’enrichir son palmarès sur le Champions Tour que sur le PGA Tour, et encore moins dans un Majeur. Avant son dernier succès sur le PGA au AT&T Pebble Beach Pro-Am 2019, son dernier titre parmi l’élite mondiale remontait au WGC Mexico 2018 et avant cela, c’était The Open à Muirfield en 2013 !

Rien n’annonçait vraiment cette victoire pour le gaucher américain qui a remporté le PGA Championship en 2005. Dans ce Majeur, il restait sur deux places de T71 précédées de deux cuts manqués. Ses deux trophées sur le Champions Tour dataient de l’automne 2020 et il a manqué 3 cuts lors de ses 7 derniers tournois PGA, avec au mieux une place de T21 (The Masters) sur les 4 autres tournois.

Pas réellement en forme donc, il débutait même la semaine de cette 103e édition du PGA Championship par 4 bogeys – et un birdie – sur ses 6 premiers trous. Le lendemain était un peu la copie du premier jour avec un aller au-dessus du Par mais un retour parfait qui lui permettait de passer co-leader après 36 trous avec Louis Oosthuizen.

Lorsque vient le week-end, on pensait que le Sud-Africain et Brooks Koepka juste derrière les deux hommes de tête allaient se livrer un mano à mano. C’était sans compter sur le jeu de fers de Mickelson qui lui permettait de contrôler le Moving Day. Malgré un dernier tour chaotique dont 3 bogeys sur les 6 derniers trous pour une carte finale de 73, Lefty conservait un coup d’avance sur le duo Oosthuizen/Koekpa.

L’histoire est belle pour celui qui est devenu le plus vieux vainqueur d’un Majeur, à 24 jours de ses 51 ans. L’image de la foule avalant presque l’Américain dans sa remontée vers le green du 18 le dimanche et la douce hystérie des supporters sur place lors de chacun de ses derniers coups ont contribué à faire du PGA Championship le plus beau des 4 majeurs en 2021.

2. US Open

Sur le plan du suspense, c’est LE Majeur de 2021, même si la bagarre n’a vraiment eu lieu que dans les tout derniers trous. La victoire de Jon Rahm est son premier Majeur et il devient le premier Espagnol vainqueur de l’US Open.

Lésé d’une victoire qui lui tendait le bras deux semaines plus tôt au Memorial Tournament, il arrivait quasiment comme le favori n°1 après ses derniers mois de haute volée (10 Top10 sur les 14 derniers tournois joués).

Sans être transcendant lors des trois premiers tours (69-70-72), Rahm attaquait le dernier tour à Torrey Pines avec 3 coups de retard sur la tête du tournoi. Le leaderboard était emmené par un trio composé de Oosthuizen – encore – Hugues, le Canadien et Henley, l’Américain. A deux coups derrière, le duo DeChambeau / McIlroy s’annonçait prometteur pour venir jouer les trouble-fêtes.

Après les premiers trous, Collin Morikawa venait aussi se mêler à la bagarre et bien malin celui qui pourrait garantir le vainqueur à l’issue de la journée. Et puis, tour à tour, Morikawa, Hugues, DeChambeau puis McIlroy venaient à enchaîner les doubles et les bogeys. Le sprint final se résumait alors à un duel à distance entre Rahm et Oosthuizen.

C’est à ce moment-là que l’Espagnol allait sortir le grand jeu. Accusant un coup de retard au départ du 17 sur le Sud-Africain, il concluait sur deux birdies consécutifs dont une merveille de gauche droite sur l’avant-dernier green avant une sortie de bunker/putt sur le Par5 du 18.

Oosthuizen encore sur le parcours scellait son destin avec une mise en jeu ratée au départ du 17 et devait se contenter d’une nouvelle seconde place après celle du PGA Championship le mois précédent.

Entre la densité des joueurs en course pour le titre dans les deux dernières heures du dimanche, le splendide finish de Jon Rahm pour s’emparer de la tête et l’injustice réparée de son retrait forcé au Memorial avant le dernier tour, cet US Open 2021 a été un très bon cru consacrant un grand champion.

3. The Open

Peut-être parce qu’on n’y avait pas eu droit en 2020 et que deux ans sans un Majeur sur un Links, c’est long. Plus sûrement parce que Collin Morikawa est de la trempe de ces champions que tout le monde aime. Calme, souriant et un jeu de golf qui fait rêver.

A 24 ans, il a gagné – déjà – son second Majeur alors qu’il est passé professionnel seulement en juin 2019 ! Il a remporté la Claret Jug avec la manière à l’instar du PGA Championship 2020 où on se rappelle son drive incroyable sur un Par4 pour signer un eagle dans la foulée.

Sur le parcours du Royal Saint Georges, le jeune Californien a concédé 4 bogeys seulement lors des 3 premiers tours. En point d’orgue de sa semaine, il a signé 4 birdies lors d’un dimanche sans faute et porté son total de trous sans bogey à 24 consécutifs depuis le trou 5 du Moving Day.

On a vécu un dimanche intense en trois temps avec le duel Oosthuizen/Morikawa sur le premier tiers de la journée puis les coups d’éclat de Morikawa sur les derniers trous de l’aller. En conclusion, une fin de tournoi pimentée par la remontée de Jordan Spieth qui enchainait 4 birdies en 6 trous.

Une victoire lors d’une première participation à The Open, un fait qui ne s’était pas produit depuis le succès de son compatriote Ben Curtis en 2003. Le PGA Championship et le Majeur européen avant ses 25 ans, seul Woods l’a réussi avant lui et il y a quelque chose de Tiger dans ce Collin. Mention spéciale pour son discours classe à l’issue du tournoi.

4. The Masters

S’il il y a un premier, il y a donc un dernier. Même si le plaisir de retrouver le rendez-vous d’Augusta en ouverture des Majeurs est là, et cette fois avec du public. Hideki Matsuyama faisait partie des favoris, mais apparaissait plutôt comme une valeur sûre pour les places d’honneur (5 Top20 depuis 2015) que pour la victoire finale.

La semaine a démarré comme d’habitude, serait-on tenté de dire, avec un Justin Rose flamboyant (65) qui s’offrait 4 coups d’avance. L’Anglais conservait la tête au soir du cut malgré une carte dans le Par au second tour. C’est lors du Moving Day que le Japonais frappait un grand coup avec une carte de 65 vierge de tout bogey, la seule carte parfaite du tournoi. Matsuyama attaquait le dimanche avec 4 coups d’avance sur ses quatre premiers poursuivants.

Les deux birdies d’entrée de la nouvelle pépite américaine Will Zalatoris nous laissaient croire un temps à un dimanche passionnant. Il n’en a finalement été que très peu, la faute à des adversaires qui accumulaient les bogeys. Et même lorsque le Japonais rencontrait un sérieux coup de mou (bogeys au 15 puis au 16), son principal rival Xander Schauffele se retrouvait définitivement hors course après un triple sur le Par3 du 16.

Matsuyama pouvait alors se permettre un bogey sur le dernier des 72 trous pour endosser la veste verte. Côté sportif, on a eu du mal à vibrer. D’ailleurs l’émotion la plus forte de ce majeur est survenue dans l’après tournoi avec les larmes du Japonais capturées par une caméra photographe donnant des images exceptionnelles, comme si on marchait devant le vainqueur pour rejoindre avec lui le club-house.

Il y a certes cette victoire historique, celle du premier joueur Japonais vainqueur d’un Majeur. Il y aussi The Masters qui reste un tournoi du Grand Chelem à part pour le téléspectateur. Mais la diffusion de l’Amen Corner, l’expérience enrichie de son application pour suivre tous les coups de tous les joueurs et ces 18 trous que l’on a le sentiment de connaître sur le bout des doigts ne sont pas toujours suffisants pour ravir pleinement le téléspectateur.

Et vous, quel est votre classement de ces majeurs en 2021 ?

Lio

 

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