Crédit photo à la Une : Bernard Lefort

7 ans …  Cela fait plus de 7 ans que j’attends cette sacré Ryder. A voir les récits de Corentin ou de Guillaume ou entendre les propos des spectateurs, on a tous adoré. Il était donc temps que j’amène ma pierre à l’édifice Ryder Cup 2018 (qui n’a pas besoin de moi évidemment). Une semaine de dingue que je vais vous conter avec un article un peu long certes mais qui vous plaira j’espère. 🙂

Vendredi 21/9

C’est le Jour J où ma semaine Ryder Cup commence. Qui dit volontaire, dit tenue. Vers 12h10 (tout près du parcours de l’Albatros), le graal : Un badge Ryder Cup avec ma trombine et un badge Junior mais sans photo.

Les précieux sésames

Essayage des tenues Ryder (2 polos, un genre de pull, une veste et une casquette) mais pas de tenues Junior car il n’y a pas ma taille. Elles seront à récupérer au Golf de Disneyland où aura lieu cette compétition.

Le guide des volontaires (indiquant – par trou – le nombre et les positions des volontaires, les toilettes ainsi que les food-trucks les plus proches) et celui des tribunes en poche, il ne me reste plus qu’à récupérer mon brassard (qui identifie chaque commissaire) et direction le Center Parcs de Disney pour être au plus près du golf de Disneyland.

Samedi 22/9

Consultant régulièrement les statistiques de visites du blog, c’est à l’approche du chiffre des 10 000 visites pour le mois de Septembre que j’ai lancé un tweet tout pourri.

Super clair, non ? il incitait, pour ceux qui ne l’ont toujours pas compris, à lire le plus d’articles possibles afin de dépasser les 10 000 au plus vite. Lionel pariait pour dimanche à 10h30, moi dès ce samedi à 13h00.

il est 21h04 et c’est bon, le cap des 10 000 est atteint.

Entre temps, passage au golf de Disneyland pour récupérer mes affaires Junior. Toujours pas disponibles mais j’aperçois l’équipe Européenne terminant son practice et posant pour la photo d’équipe : une fois faisant la gueule, souriante, 3/4 face, 3/4 profil, bref, tout y passe (avec un Thomas Levet facétieux qui faisait le pitre face aux joueurs).

Dimanche 23/9

Accrédité pour la cérémonie d’ouverture de la Junior, je monte encore un peu plus en pression. Y allant, pit-stop pour récupérer les affaires Junior mais toujours sans succès. On arrive à la partie la plus décevante de ce récit : la cérémonie d’ouverture… Elle devait avoir lieu devant le château de la Belle au Bois dormant au Parc Disneyland. Mais aucune protection prévue pour les joueuses et joueurs malgré l’orage annoncé. L’organisateur finira par trouver un plan B improvisant une cérémonie dans un restaurant (avec une scène certes) : une simple montée sur scène – sans discours ni présentation individuelle des joueurs. Dommage, vraiment !

L’apothéose de la journée ? Récupérer Lionel, oui oui, le boss du blog à la Gare de Disney. La Ryder Cup peut enfin commencer.

Lundi 24/9

Pour la Junior, je serai Walking Scorer, comme les anglais disent si bien. Le temps de faire connaissance avec une autre volontaire, et notre équipe est constituée. Les scoreurs sont en réalité un duo : le Walking Scorer qui note les scores sur un genre de Palm (désolé si tu es trop jeune et que cela ne te dit rien) et le Carry Boarder qui tient la pancarte indiquant le score de la partie.

Arrivé sur le terrain, ça grouille de gamins. Superbe initiative de la part de la Fédération d’inviter des scolaires à découvrir le golf. C’est rafraîchissant. Seulement un ou deux « Silence s’il vous plaît » seront nécessaires durant la partie opposant les européens Robin -Tiger-  Williams & Annabell Fuller aux américains Michael Thorbjornsen et Lucy Li.

La conclusion de la journée sera sublime. Au 18, les européens sont 1Up. A 80 mètres du green, l’américaine plante un coup à quelques centimètres et l’Européenne y répondra du tac o tac pour gagner le match.

Le résumé de l’Après Midi:
Pour notre partie, les européens finiront à -10, -8 pour les américains. C’est fort !!!!  Au terme de la 1ère journée, les européens ont 3 points de retard sur les US (4.5 contre 7.5).

Deux déceptions pour la journée :
1- le temps de jeu. Les petits, ils tapent fort mais ils prennent du temps ! On finira à 19h soit 5 heures de jeu en 4 balles. Imaginez quand ils seront pros ;-(
2- les tenues. Autant la gestion des tenues et des bénévoles était top le vendredi autant là, c’était n’importe quoi. Les tenues disponibles ont été déposées et les volontaires se sont servis et de multiples fois visiblement. Quand un français est bénévole, l’organisateur devrait toujours prendre garde ! Bref, je n’aurais rien de ma tenue Junior sauf la casquette.

Précision utile pour imaginer à quoi ressemble les soirées et les petits déjeuners : on dîne du « Golf+ le Mag » et on petit déjeune du « Miracle de Medinah ». Un énorme merci à ma chérie d’avoir supporté tant de golf à la maison.

Mardi 25/9

Lever vers 5h40, départ vers 6h20. La veille j’étais au Palm, aujourd’hui, je serai le Carry Boarder du match opposant Robin WILLIAMS à l’américain Cole PONICH. Le temps d’un petit bonjour à la famille de Robin (ils m’ont repéré et tu imagines bien pourquoi) et hop on est parti !

A coup de drives et de coups affûtés au possible, Robin commencera en fanfare, terminant à -5 au total et gagnant 2&1. Cette Junior se terminera avec un réel suspens (11,5 à 12,5 pour les américains ) ce qui est rare.

Pour rentrer au club-house, on accompagnera le match entre Annabell FULLER (EUR) et Rachel HECK (US) qui joueront le 18. Annabell se trompant de départ (pas de différences entre les signaux indiquant le départ Hommes et Femmes), après 5 bonnes minutes de tergiversation (arrivée des arbitres, des capitaines, etc) et quelques larmes d’Annabell, je pensais le match perdu. En fait, non, c’est l’adversaire qui choisit si elle doit rejouer son départ ou pas. Malgré un déficit de 50 mètres entre les 2 départs, Annabell rentrera un putt de 8 mètres pour le birdie (et le partage du match) dans une ambiance impressionnante.

Aussitôt fait, aussitôt parti pour la Ryder Cup. Bénévole et donc garé au PR1, je prends le bus pour aller au terminal Est et là c’est le drame. Je (accompagné d’une française bénévole et de trois américaines) tombe sur un chauffeur qui commence son service et au moment où notre bus s’est retrouvé bloqué sur un double ralentisseur, je me suis douté qu’on n’était pas sur la bonne route.

Quelques dizaines de minutes plus tard, des gendarmes arriveront nous demandant ce qu’on fait là. Avec leur aide, on arrivera à rejoindre à pied un bus (qu’ils ont pris soin d’arrêter) qui nous emmènera au Golf National. Bravo le service public !

L’émotion monte. On y est enfin. C’est grand, beau, gigantesque. Juste dingue. Le Terminal Est l’est tout autant. Y’a des bus, des bus, des bus et encore des bus. Depuis le départ, j’imaginais l’organisation au top. Là, c’est sur, ça va rouler du tonnerre. J’essaie de découvrir une petite partie du golf mais pas trop, je veux garder le temps de la surprise pour demain. Le temps de récupérer Lionel – qui frime en salle de presse avec sa pancarte LPBB – et petit passage par la tribune du 1. A nouveau, c’est haut, c’est beau !!!!!!

Prévu de congés mercredi, c’est via le groupe WhatsApp créé par notre team leader que j’apprends qu’un membre de notre équipe sera absent. Ni une ni deux, je saute sur l’occasion. Rendez-vous est fixé le mercredi vers 9h30 (pour me préserver) mais j’y serais bien avant.

Mercredi 26/9

1er jour de travail pour la Ryder Cup. Départ de la maison vers 7h, garé vers 7h30 et à 8h au Golf National, on est bien. Je me présente à l’équipe qui se connait déjà (ils ont commencé à travailler ensemble le mardi) et on est prêt. 13 volontaires dans l’équipe, 4 français (moi y compris), beaucoup de britanniques et un américain. Je serais affecté au crossing (passage) entre le trou 11 et le 12.

Pour moi, la Ryder Cup est l’occasion de travailler mon anglais. Un grand nombre de spectateurs ne connaissant pas le parcours, il faut aller vers eux pour les aider (ils n’osent pas nous aborder pour poser des questions, donc allons vers eux). Les joueurs américains ne partant qu’aux environs de 10h du trou 10, j’ai deux bonnes heures devant moi pour travailler mes relations publiques.

A coup de « Need some help, besoin d’aide ? » (dans un anglais pourri le matin et moins mauvais en fin de service), je fais un carton. Enchaînement de questions, j’avais révisé la localisation des toilettes et des espaces de restaurations les plus proches mais pas les hospitalités. Le temps de sortir le téléphone pour essayer de combler cette lacune, c’est raté. Un réseau mobile balbutiant et un wifi – gratuit – m’en empêcheront. Pour les hospitalités, les spectateurs les imaginent au trou 7 et passent donc par le 12. Manque de bol, pour aller au plus court, il fallait tourner avant et suivre le petit arbre qui est à proximité du départ du 7. Merci à toi petit arbre d’avoir été là. 🙂

Il est presque 9h45, et ça y est, les Tiger Woods et Rickie Fowler maniaques approchent. La consigne : les joueurs signeront les autographes à la fin de leur parcours mais les spectateurs s’accumulent tout de même près du passage. Un petit discours en anglais pour dire – à chaque passage de partie :
– aux spectateurs de ne pas pousser sur la corde et encore moins de passer en dessous,
– une fois que les joueurs et tout le staff seront passés, la corde sera ouverte,
et hop on enchaîne en français. Quelques français me chambrent gentiment en m’expliquant qu’il n’était pas nécessaire de traduire tant mon anglais était du franglais. Je leur montre mon panneau silence avec un bout de peinture qui a disparu : c’est la trace d’une dent que j’ai eu en faisant un swing de toute beauté lorsqu’une personne n’écoutait pas les consignes. Bien évidemment, ils ne me croiront pas. L’ambiance est top !

Assis et regardant mes spectateurs, et particulièrement les enfants le long des cordes, j’entends le bruit des balles. Ça claque ! Les joueurs américains sont vraiment proches des supporters sauf Tiger qui met des vents à tout le monde. Une bonne partie du public sera réellement déçue de son attitude.

Il est 13h30, fin de service. Un burger (pour une bonne dizaine d’euros) dégusté en compagnie de Lionel et hop, je vais suivre les Junior invités à jouer 6 trous de l’Albatros en greensome (1, 2, 15, 16, 17 et 18). Ils tapent fort et droit et c’est toujours aussi impressionnant même pour le public qui est resté (il en reste peu tout de même). Sur le 2 ou 16, ils feront de tel plantés de drapeaux que certains de mes amis me diront que les grands étaient moins précis.

Le temps de rencontrer quelques LPBBistes en fin de journée, il ne faut pas tarder. Ce soir, il y a un repas en LPBBistes dans un resto à Versailles et il faut être à l’heure.

Jeudi 26/9

Aujourd’hui, direction la sortie du 12. Chargé de bloquer les cordes entre le 12 et le 13 pour favoriser le passage des joueurs, c’est probablement le point le plus critique de la semaine. En effet, pour rejoindre les trous 15 à 18, les spectateurs doivent y passer et acceptent mal d’être bloqués (même si cela permet de voir passer les joueurs à quelques mètres).

On recommence avec les « Need help, besoin d’aide? ». Pour les hospitalités, je croise ceux qui veulent y aller plutôt sur leur trajet. Le petit arbre posté près du 7 est super pratique et me permet d’aider aux mieux les spectateurs.

Les américains ayant joué les 9 derniers trous la veille, aujourd’hui, cela devrait être au tour des européens. En l’espace de 30 minutes, plusieurs infos contradictoires arrivent.  Bref, je finis par dire aux spectateurs que de manière certaine, il y aura une équipe qui partira vers 10h du trou 1 et peut être aussi du trou 10.  Il est presque 9h45 et à nouveau, les spectateurs sont là avec la certitude – enfin – de voir les européens arriver bientôt sur notre trou.

Après les drives du 12, je me balade près des spectateurs pour annoncer toujours dans un anglais aussi impeccable (lol) qu’une fois les joueurs sur le green, on bloquera les cordes et qu’on les ouvrira au moment où tout le bouzin (joueurs, télés, photos, capitaines et épouses) aura quitté le départ du 13 (soit 5 bonnes minutes de fermeture) et que pour passer, c’est « now or never ». Ce gimmick marche bien et les spectateurs voulant traverser hâtent leurs pas.

Tout se passe toujours aussi bien. Je demande à un papa avec des enfants de lever la main vers moi si ça pousse de façon à intervenir au bon moment. A chaque partie, on s’étonne tout les 2 du calme absolu des fans même quand les joueurs européens s’arrêtent pour signer un nombre incalculable d’autographes. Ils font le boulot et le public est top ! Etre commissaire à la Ryder Cup, quel bonheur.

Les 4 parties européennes passées, on revient aux affaires courantes. Les toilettes, les food-trucks, à quelle heure et d’ou partira le match des capitaines, telles sont les questions. Service et repas conclu, je rejoins tranquillement le match des capitaines, pour filer ensuite à la cérémonie d’ouverture au village Ouest (où est situé le practice de l’Oiselet habituellement).

Et à nouveau, on en prend plein les yeux ! C’est gigantesque et encore plus impressionnant quand on rentre dans le merchandising. La carte bleue est sous contrôle (presque trop en fait) malgré ma réduction de 15% comme volontaire. Que de beaux produits parfois très chers mais d’autres sont abordables.

Il fait très très chaud dehors – presque 27° – et la cérémonie d’ouverture commence. Présentée par David Ginola en anglais, c’est un festival d’émotions devant une sacré foule. La voici en intégralité mais je vous indique le timing ci-dessous.

On commence par « Ruby » la chanson de Kaisier Chiefs  (7’53) et dans un son assourdissant, voila la PAF qui viendrait presque frôler nos mains (11’20). Sous la forme d’un duel, les 2 patrons du Tour Européen et Américain amènent la présentation des capitaines (15’38). Arrivée des joueurs et des vices-capitaines américains, sur scène (19’00). Puis des bleus sous un tonnerre d’applaudissements (21’35). Peu après les hymnes, Jim Furyk monte sur scène (25’45) et c’est une ode à la France entrecoupée de « Merci Beaucoup » et « Magnifique ». Sincèrement, j’ai réellement cru à la réussite de l’équipe Américaine à l’écoute de ce discours et encore plus lors de la présentation des vice-capitaines (33’55) et des joueurs (34’39) où chacun des joueurs (à l’exception de Patrick Reed) est applaudi et même très applaudi pour le dernier d’entre-eux. Festival de bons points si ce n’est la petite fausse note des pantalons américains (regardez bien les joueurs).

A Thomas Bjørn (38’00) de réaliser, lui aussi, un sans-faute en forme de discours pour défendre notre drapeau. Les Ole et applaudissements du public couperont ces propos. Même succès pour la présentation des vice-capitaines (42’39) et encore plus des joueurs  (45’50’). On pourrait presque noter que c’est l’arrivée de Jain sur scène qui vient diminuer l’ambiance (50’00) et Valérie Pécresse de l’éteindre complètement en commençant son discours en français (54’20) même si elle le conclura en anglais (pour faire une pirouette) (57’30). Et pour finir, c’est l’annonce tant attendue des duels (1h01’35).

La suite du récit des jours de matchs, très bientôt. 😉

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