Il est temps de conclure le bilan de 2018 en même temps que se termine cette année. 5e et dernière partie avec un rappel de la performance impressionnante de Justin Rose, les joies et espoirs déçus des tricolores ou encore l’incroyable retour de Tiger Woods sont quelques uns des grands moments de golf de ces 12 derniers mois. 😉


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R comme Rose 

Certains attendaient Ryder Cup, évidemment (voir lettre A 😉 ) mais impossible de passer à côté de la 20e année professionnelle de Justin Rose, pas loin d’être exceptionnelle si il avait pu y ajouter un 2e Majeur en carrière (Vainqueur US Open 2013). En grand chelem, l’anglais a dû se contenter d’une 2e place (ex-aequo à The Open), d’un Top10 à l’US Open, et 2 Top20 au Masters (T12) et au PGA Championship (T19). En cumulé sur les Majeurs, il joue -12, le meilleur total des joueurs ayant passé le cut dans les les 4 rendez-vous.

Pour le reste, il a gagné son 9e titre sur le PGA Tour à Forth Worth (Texas, USA) et remporté la FedEx Cup en fin de saison pour la première fois de sa carrière grâce à une régularité redoutable. En 2018, Justin a joué 17 tournois (1 cut manqué) et ajouté 1 victoire + 6 Top5 + 3 Top10 + 3 Top20 à son palmarès. Plus de 18 M$ de gains cette année avec le jackpot de 10 M$ de la FedEx Cup.

Sur le circuit européen en 2018, Rose a joué 4 tournois en dehors des Majeurs et WGC. T22 en janvier à Abu Dhabi, T9 au Scottish en juillet, 8 au British Masters en octobre puis victoire au Turkish Airlines Open alors qu’il en était le tenant du titre. Il a terminé 5e de la Race to Dubai, tout en se permettant de ne pas jouer la finale de la saison.

En Ryder Cup, l’anglais a été « à moitié » bon (2 victoire et 2 défaites). Bjørn l’a ménagé en ne le faisant pas jouer le samedi matin. Il a retrouvé sa complicité avec Henrik Stenson où les deux amis offrent 2 points à l’Europe lors des sessions de foursomes. En simple, il cède devant Webb Simpson (3&2) dans le 3e match du dimanche.

A 38 ans, dans la foulée de son 11e titre européen en Turquie, l’anglais montait sur la plus haute marche du podium mondial, une juste récompense pour un joueur qui a été dans le Top10 mondial en fin d’année depuis 2012 (sauf en 2015 : 15e). 

S comme Stanford 

Passée professionnelle à 23 ans, Angela Stanford a ajouté la plus belle ligne de son palmarès à l’aube de ses 41 ans. Le 5e Majeur de l’année sur les bords du lac Léman a consacré l’américaine alors qu’elle jouait son 76e Majeur. L’Evian Championship est remporté pour la première fois par une joueuse des USA.

En 18 ans, Angela avait jusqu’alors glané 5 titres sur le LPGA, 94 Top10 et joué 6 éditions de Solheim Cup (3 victoires et 3 défaites). Pas grand monde ne voyait venir cette victoire à Evian plus de 6 ans après son dernier titre professionnel (HSBC Women’s Champions). Peut-être même pas la joueuse elle-même alors qu’elle pointait encore à 5 coups de sa compatriote Amy Olson au départ du dernier tour.

68 coups plus tard dont seulement 25 putts, Angela Stanford rentrait au club-house à -12 alors que la dernière partie derrière la sienne abordait le dernier trou. Olson était toujours leader avec un coup d’avance mais devait affronter cette « peur de gagner » un premier titre en carrière, qui plus est un Majeur… Un drive qui fuyait beaucoup trop à gauche, l’obligeant à jouer 2 coups supplémentaires pour toucher le green de ce Par4. 2 putts suffisaient pour accrocher un playoff, Olson en a fait 3, offrant alors le titre à Stanford.

Angela en larmes pouvait soulever son 6e trophée individuel et permettait aux USA de d’enchaîner une 6e saison consécutive avec au moins un titre dans une épreuve du grand chelem.

T comme Tricolores

Attention sujet sensible ! 🙂 T comme Trois victoires françaises sur les 4 circuits Elite, hommes et femmes confondues. 2018 a été une année, finalement un peu comme les précédentes. Loin des attentes de notre coeur de supporter, mais sans doute à la hauteur du niveau des français aujourd’hui à l’échelle européenne et mondiale.

La 1re moitié de saison avait soufflé le froid et le chaud parmi l’élite quand les bonnes nouvelles sont surtout venues du Challenge Tour dans la 2nde moitié.

    • En Janvier, Alexander Levy participait activement à la victoire européenne lors de l’Eurasia Cup en remportant son match de simple. Il enchaînait ensuite un Top10 à Abu Dhabi puis une 4e place à Dubaï.
    • En Février, Levy enregistrait un Top5 sur au NBO Oman Open tandis que sur le LET, Céline Boutier décrochait son 2e titre professionnel en Australie.
    • En Avril, Levy gagnait son 5e titre sur le circuit européen (Trophée Hassan II) compensant la mauvaise nouvelle liée au forfait de Dubuisson pour le reste de la saison à cause d’un tympan explosé. La semaine suivante, Mike Lorenzo-Vera signait une 2e place en Sicile.

    • En Mai, Benjamin Hébert perdait en finale de l’inaugural Belgian Knockout et Astrid Vayson de Pradenne créait la surprise en gagnant le Jabra Ladies Open.
    • En Juin, Céline Herbin réalisait son 1er Top10 en carrière sur le LPGA alors que pour sa 1re participation à l’US Open, Matthieu Pavon terminait dans le Top25 aux côtés de Noren, Molinari, Thomas ou encore DeChambeau.
    • En Juillet, Pavon et Herbin enregistraient un Top10 respectivement à l’Irish Open et au Marathon Classic.
    • En Août, médaille d’argent aux Championnats d’Europe des Nations pour le duo Justine Dreher/Manon Mollé.
    • En Septembre, nouveau podium pour MLV qui terminait à la 3e place de l’Omega European Masters et 1re victoire professionnelle de Romain Langasque au Hopps Open de Provence sur le Challenge Tour
    • En Octobre, c’est Victor Perez qui s’illustrait en Chine pour son second titre pro en carrière, un résultat qui lui offrait son ticket pour l’Elite en 2019.
    • En Novembre, 5e Top de Levy en 2018 lors du Turkish Airlines Open et un superbe Top3 de Céline Boutier sur le LPGA (Blue Bay).
    • En Décembre, Langasque a terminé 2e de l’Open d’Afrique du Sud, un tournoi comptant pour la saison 2019.

    Alexander Levy a confirmé être le meilleur tricolore grâce à une 5e victoire en 5 saisons consécutives, il ne lui manque qu’à franchir une étape lors de ses participations en Majeur (aucun cut franchi sur les 8 derniers joués). Mike Lorenzo-Vera flirte régulièrement avec un premier titre que cela va bien finir par sourire très prochainement.

    A 25 ans, Céline Boutier affiche une progression constante depuis son passage professionnel il y a 2 ans seulement qui laisse à penser qu’elle sera bientôt la locomotive tricolore chez les femmes.

    Les récents résultats encourageants de Victor Perez et Romain Langasque ont fait du bien à une page du golf français qui s’est tournée à l’automne avec notamment la perte de leur carte sur l’European Tour pour Grégory Havret et Grégory Bourdy.

    Ils seront 11 tricolores en 2019 à évoluer plus ou moins régulièrement parmi l’élite européenne chez les hommes, un peu plus d’une quinzaine de joueuses sur le LET et 5 sur le LPGA.

    U comme USGA

    Cela devient une fâcheuse habitude. L’USGA, organisateur notamment des US Open Hommes et Femmes s’est encore illustrer de façon peu brillante pour l’épreuve masculine à Shinnecock Hills. L’US Open 2017 nous avait offert un festival de birdies à Erin Hills : Koepka vainqueur à – 16 et surtout 31 joueurs sous le Par après 4 tours. On était loin de la marque de fabrique habituelle de l’USGA qui aime à donner des armes supplémentaires au parcours pour faire plus que simplement se défendre.

    Sans doute blessée dans leur orgueil – mal placé, l’USGA se frottait les mains du retour à Shinnecock pour l’édition 2018 (5e fois que l’US Open s’y jouait). Lors des 3 précédentes éditions (1986, 1995, 2004), au total seuls 3 joueurs ont terminé les 72 trous sous le Par !

    Après le 1er tour de cet US Open 2018, seuls 4 joueurs avec battu le Par d’un petit coup. Au terme des 18 trous du vendredi, il n’y avait plus que Dustin Johnson (-4). Qu’est-ce qui a bien pu pousser alors l’USGA à ne pas arroser les greens sachant que les vents allaient de nouveau souffler comme pour le 1er tour ? Toujours est-il que ça a profité aux premiers partants de la journée quand les derniers ont juste tenté de jouer au golf. DJ terminait sa journée à 77, soit 11 coups de plus que Berger et Finau qui avaient joué le matin.

    Ce Moving Day a fait trembler le monde du golf avec l’affaire Mickelson qui a révélé que l’USGA ne savait pas mieux gérer les règles et les joueurs que les parcours (le parcours peut sanctionner un mauvais coup mais un bon coup ne peut pas être pénalisé). Mickelson aurait dû être disqualifié. L’USGA a corrigé son énième erreur le dimanche offrant des conditions équitables (Aucun joueur ne termine toutefois sous le Par). Aura-t-elle appris quelque chose ? Réponse en juin prochain à Pebble Beach.

    V comme Vilain

    Patrick Reed a fait parler de lui cette année. Parfois en bien avec sa victoire au Masters pour son 1er titre du Grand Chelem en carrière. Il a fait fléchir Rory McIlroy une nouvelle fois dans un tête-à-tête et a su résister à la charge de ses compatriotes Fowler et Spieth dans le dernier tour pour conserver son avance au terme des 72 trous.

    Un birdie grâce à un putt de 7m sur le Par3 du 12 pour rattraper son bogey du trou précédent. Un superbe putt de plus de 20m sur le green du 17 qui roule sur le bord du trou mais il réussit à sauver le Par sur son putt de retour. 2 putts solides sur le dernier trou pour éviter le playoff. Cap’tain America était le plus fort lors de cette semaine à Augusta.

    Mais Reed a trop fait souvent parler de lui en mal. Sa petite pique envers Jordan Spieth et son côté « mal aimé » lors d’une discussion avec un arbitre lors du Arnold Palmer Invitational ou encore son attitude au Porsche European Open lorsqu’il a littéralement viré un caméraman qui faisait trop de bruit.

     

    Warning to all camera crews: Do NOT jingle your change around Patrick Reed!

    Une publication partagée par Golf Channel (@golfchannel) le

    Ajoutez-y les déclarations post-Ryder Cup sur Spieth refusant de jouer avec lui au détriment de l’équipe alors que leur duo avait jusqu’ici bien fonctionné. Les petites phrases véhémentes de Reed ont continué bon train dans les semaines suivantes. Sans d’ailleurs qu’il ne remettent une seule fois en cause son niveau de jeu relativement catastrophique pendant le week-end au Golf National.

    Il n’empêche que le texan apparaît bien à l’aise dans son costume de mauvais garçon sans que cela porte réellement préjudice à ses résultats. A 27 ans, il s’est offert un Majeur et termine l’année n°15 mondial. Une performance que bien des gentils lui envient certainement.

    W comme Woods

    Cela aurait pu être I comme inattendu, incroyable, inespéré ou inimaginable. Il y a encore 18 mois, on aurait été juste content pour Tiger qu’il puisse se déplacer et profiter du reste de sa vie sans être cloué sur un lit.

    2018 nous a offert d’abord un Tiger en tête d’un tournoi (Valspar Championship puis au Arnold Palmer Invitational). Puis au cours de l’été, le pantalon noir et le polo rouge sont réapparus en haut du leaderboard d’un Majeur alors que son compteur est toujours bloqué à 14 depuis 2013.

    D’abord, le Tigre au coude à coude avec Francesco Molinari à Carnoustie le dimanche dans la même partie alors qu’ils avaient débuté la journée respectivement à 3 et 4 coups des leaders Kisner, Schauffele et Spieth. Après 9 trous, Tiger était seul leader ! Peu importe les erreurs quelques trous plus tard, Tiger était bel et bien de retour, ce n’est plus qu’une questionne temps avant qu’il rugisse encore. Cela aurait pu être déjà à Bellerive lorsqu’il signait un 6e birdie en 13 trous pour revenir à 1 coup de Brooks Koepka et Adam Scott, mais il a dû se « contenter » d’une 2e place

    Et enfin, East Lake ! Le Tour Championship, dernier tournoi sur le PGA Tour. Cette finale de la saison que Tiger a remporté 2 fois (1999, 2007). Difficile de se remémorer la partie sportive de cette semaine tant cette image de la foule qui envahit le fairway derrière Woods sur le 18 est omniprésente. Quasi impossible d’être amoureux du golf et fan du joueur de ne pas avoir les larmes qui vous emplissent les yeux en regardant ces images. Avec 2 coups sur Billy Horschel, le Tigre remporte sa 80e victoire sur le PGA Tour 5 ans, 1 mois et 19 jours après la 79e (Bridgestone Invitational).

    Plus personne ne voyait Tiger jouer au golf et il a rejoué. Plus personne ne le voyait gagner et il a gagné à nouveau. Comme un fil rouge dans sa carrière, ce qu’on ne pensait pas possible de Woods, Tiger l’a fait et le fera certainement encore.

    X, Y et Z comme Générations

    De Phil Mickelson, 48 ans, qui a remporté le WGC Mexico à Aaron Wise vainqueur de l’AT&T Byron Nelson, un mois avant ses 22 ans, l’expérience est autant un atout pour la victoire que le sont le talent et l’audace de la jeunesse. Sur le PGA Tour, 6 joueurs de moins de 25 ans ont cumulé 10 titres en 2018.

    Sur le circuit européen, l’indien Sharma a gagné une seconde fois du haut de ses 22 ans, Jon Rahm ajoute une 3e ligne à son palmarès européen alors qu’il vient d’avoir seulement 24 ans. A l’autre bout de la pyramide des âges, Lee Westwood a fait passer son compteur à 43 titres en carrière après avoir soufflé ses 45 bougies.

    Même constat du côté des femmes où Angela Stanford a remporté l’Evian Championship à 40 ans, son premier Majeur, quand Georgia Hall à 22 ans remportait aussi son 1er tournoi du Grand Chelem. Sur le LET, la thaïlandaise Kanyalak Preedasuttijit ouvre son palmarès en carrière professionnelle à seulement 20 ans alors que la galloise Becky Morgan a dû attendre ses 43 ans pour un premier succès.

    Sur le LPGA, sur les 33 tournois de la saison, 25 ont été gagnés par des joueuses de 25 ans dont 3 par des joueuses de moins de 20 ans : la japonaise Nasa Hataoka (2) et Nelly Korda.

    On oubliera pas de citer l’allemand Bernhard Langer qui a encore glané 2 nouveaux titres sur le Senior Tour à plus de 60 ans pour un total impressionnant de 112 victoires depuis qu’il est passé professionnel… en 1972 !!

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    2018 est terminée, vivement 2019 !

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